Famille franciscaine de l'Est Francilien

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> Edito // L’impôt

 


          
Les Pharisiens qui tendent un piège à Jésus lui posent cette question : « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? » (Matthieu 22, 15-21). La question est perverse à plusieurs titres. D’abord, parce qu’elle pose en termes de conduite morale - est-il permis (selon la loi juive) - une question purement matérielle, économique et politique - de payer l’impôt à l’empereur (l’occupant romain). Ensuite, elle induit une réponse univoque, négative ou positive qui, en créant une urgence artificielle, ne laisse aucun espace de discussion ni de réflexion sur la question elle-même. Pour finir, elle ne vise qu’à enfermer Jésus dans une double contrainte où il serait perdant à tous les coups : s’il répondait oui, il se couperait du peuple en soutenant l’impôt injuste et s’il répondait non, il s’exposerait à l’accusation de sédition.

            Aujourd’hui, nous pouvons nous sentir pris au même piège que Jésus. La question que nous pose les événements est formulée en termes de désordre et d’affrontement, à l’opposé des valeurs évangéliques de paix et de bien. Il ne s’agit pas de décider de qui porte la responsabilité de cette violence, mais de la constater sans nous laisser arrêter à elle, si affligeante soit-elle, et surtout sans nous laisser enfermer dans l’urgence d’un oui ou non auquel la réponse ne pourrait être ni lucide, ni juste, ni chrétienne. Quelles que soient les opinions des uns et des autres, chacun doit faire l’effort d’élever sa perception au niveau du discernement que donne la charité. Et comme Jésus nous en montre l’exemple, nous ne devons pas nous laisser prendre à répondre spirituellement à une question économique et politique, mais nous efforcer de bien distinguer les différents niveaux. Or, que dit-il, après avoir fait constater que la monnaie de l’impôt, à l’effigie de Tibère, porte l’inscription "fils du divin Auguste" ? « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » En ne la prenant pas même en compte, il efface la prétention à la divinité de l’empereur (qui symbolise la domination politique et économique) et du même mouvement, il lui accorde sa pauvre illusion de pouvoir, comme il le fera devant Pilate, face au supplice. Mais qu’on ne s’y trompe pas, la réponse de Jésus n’est en aucun cas un encouragement à exercer la domination et encore moins une recommandation de soumission adressée au peuple dont on peut à bon droit l’imaginer plus proche, plus sensible à ses préoccupations et à ses souffrances qu’aux calculs politiciens et aux intérêts économiques des Pharisiens et des Romains.

            Jésus nous montre l’exemple : échappons à la double contrainte du oui et du non en reposant la question dans les termes de justice et de discernement qui nous guident sur la voie de la sainteté comme le pape François nous le rappelle dans son Exhortation Gaudete et Exsultate. Ni profit, ni pouvoir, ni servilité, ni volonté de domination, que seule la charité, en leurs âmes et consciences, inspire leurs réponses aux citoyens que nous sommes.

Jean Chavot

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