Famille franciscaine de l'Est Francilien

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« Vous voulez la paix, créez l'amour ».
Victor Hugo.



> Edito : Le bonheur est possible

 


           
      Notre société est traversée, parfois jusqu'au déchirement, par des désirs contradictoires d'ordre et de désordre, de contrainte et de liberté, de règles et d'exception, d'identité et de différence, de permanence et de changement et cela sur tous les plans : politique, économique, social, culturel et moral. Ces oppositions sont exacerbées par des tensions dues aux creusements des inégalités géographiques, économiques et sociales et aux conflits qu'elles engendrent inévitablement, par la perte générale de repères dans un monde globalisé à marche forcée, par le bombardement médiatique et publicitaire constant d'informations et de sollicitations réelles et virtuelles mélangées qui laisse peu de place à l'échange direct, à la réflexion et à la contemplation. Elles ne minent pas seulement les sociétés, elles ont un écho ravageur jusque dans les familles, les couples et les individus désorientés qui s'entrechoquent sans se comprendre dans un univers de solitude où dominent les injonctions d'une idéologie consumériste aussi inconsistante que - au sens propre - totalitaire.

            Pourtant, ordre et désordre, règle et exception, identité et différence, permanence et changement ne sont contradictoires qu'en apparence. Aucune existence sociale ou personnelle ne peut se passer de l'un des deux termes qui se définissent l'un l'autre. Leur synthèse harmonieuse est la condition de l'équilibre de la société, du groupe, de la famille, du couple et de l'individu. Elle ne peut être réalisée sans justice et sans discernement. C'est le manque de justice et de discernement le vrai problème : c'est leur manque aux plus hauts niveaux de la décision politique et de la gestion économique mondiales qui précipite des crises dont les catastrophes humanitaires, les rodomontades guerrières et les menaces écologiques sont les signes les plus terribles et inquiétants, c'est leur manque dans les interactions individuelles qui érige la compétition, l'indifférence et le conflit en modes de relation, c'est leur manque au cœur de la personne qui la livre à la fuite en avant dans un monde incompréhensible et glacé.

            Tout Chrétien prie pour appeler sur lui et sur le monde les dons de l'Esprit Saint que sont la justice et le discernement car il sait que nul bonheur n'est possible sans eux. Mais il n'est pas toujours facile de les reconnaître et de les recevoir, tant est assourdissant le brouillage consumériste, aveuglante la lumière de la gloire médiatique et vivace la tentation de l'orgueil exalté par l'individualisme dominant. Pour s'ouvrir à la justice et au discernement, le pape François propose un guide dans sa magnifique exhortation du 19 mars, Gaudete et Exsultate : "Il faut mettre en œuvre, chacun à sa manière, ce que Jésus déclare dans le sermon des béatitudes" (63). A contre-courant de notre société comme elles l'étaient dès l'origine, les béatitudes qu'il nous invite à méditer et à agir n'en restent pas moins, dans leur permanence, une enthousiasmante proposition de changement radical, d'une actualité que la voix bienveillante de François le bien nommé sait rendre bouleversante de vérité, de simplicité, de puissance de conviction et d'espoir. Les béatitudes nous exhortent à la sainteté dans le monde actuel et dans nos êtres, comme moyen et comme but, afin d'être les uns et les autres, les uns par les autres, mieux qu'heureux : bienheureux dans un monde sanctifié.

Jean Chavot.

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