Famille franciscaine de l'Est Francilien

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> Edito // Une Europe pour la justice et la paix

 


          
Robert Schumann, que l’on appelle souvent le « père de l’Europe », était un chrétien fervent. Dans un petit livre au titre évocateur — Croire au dialogue pour la paix* — Jacqueline Rougé retrace le parcours de cet homme pour qui la seule solution pour sortir de l’antagonisme meurtrier entre la France et l’Allemagne était… l’amitié ! Et l’on sait que la construction de cette amitié ne fut autre que la construction, au lendemain de la guerre, de ce qui allait devenir l’Union Européenne. A six pays d’abord, puis, d’adhésions en adhésions, à 28 aujourd’hui.

À ceux qui rejettent sur Bruxelles l’origine de tous nos maux, on peut rappeler — il ne faut pas avoir la mémoire courte — que l’Europe, c’est aussi et d’abord sept décennies de paix. Bien sûr, on peut critiquer les dérives et la bureaucratie de l’ensemble européens, mais le verre à moitié vide de l’euroscepticisme, qui s’accompagne souvent de populisme, gagne à être comparé au verre à moitié plein de la paix. La spiritualité franciscaine, spiritualité de l’émerveillement et de la bienveillance, aime ce verre-là.

Pour autant, cette spiritualité, qui est aussi celle de la fraternité et de la minorité, ne nous incite pas moins à une grande vigilance quant aux orientations proposées par l’Europe aujourd’hui : quelle solidarité avec les plus pauvres ? quelles limites au creusement des inégalités ? quelle politique d’accueil et d’hospitalité pour ceux qui fuient des pays moins démocratiques et moins nantis que les nôtres ? quelle politique de l’environnement qui aillent enfin, de manière résolue, dans le sillage de l’encyclique Laudato si ? quelles mesures concrètes pour un bien commun qui ne soit pas qu’économique, mais aussi social et culturel ? Spirituel aussi ? Peut-être, mais alors spirituel pour tous, dans la diversité des religions et des convictions présentes dans l’Union, diversité qui pour certains demeure un handicap, et qui pour d’autres, à la suite de François, l’homme de la rencontre de Damiette, n’est rien d’autre qu’une formidable richesse.

En tant que franciscains, il me semble en tout cas que le devoir qui est le nôtre est de ne pas nous désintéresser des élections qui s’approchent, et de voter en notre âme et conscience pour que l’Europe soit fidèle à sa vocation initiale : la paix.


*Editions franciscaines, 2011

Michel Sauquet

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