Famille franciscaine de l'Est Francilien

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« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. »
Martin Luther King.

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> Edito // La sainteté pour les nuls !

 


          
Qu’est-ce qu’être saint ? Qui de nous peut y prétendre ? Et, après tout, devons-nous cultiver une telle ambition ?

Il y a deux sortes de saints, au fond. Les canonisés d’abord, les certifiés, les estampillés, ceux qui, après d’interminables procès canoniques, après que la hiérarchie vaticane a pu leur attribuer, preuves en main, deux miracles au moins, sont déclarés saints en grande pompe, ceux dont les reliques sont enchâssées dans des basiliques, ceux qui sont motifs de pèlerinages, ceux, tellement nombreux, qui se trouvent (à leur insu) érigés en modèles, en source d’inspiration pour tous les croyants. Et de fait ils le sont : ce n’est pas nous, disciples de saint François et de sainte Claire, qui allons dire le contraire.

Il y a les saints officiels, donc. Et puis… il y a tous les autres, les anonymes qui ne font pas d’autre miracle que celui de donner leur temps, leur tendresse, leur vie parfois, pour leurs frères. Ceux qui s’efforcent de vivre un Évangile dont la feuille de route est d’une limpidité désarmante : nourrir les affamés, donner à boire à ceux qui ont soif, accueillir les étrangers, vêtir ceux qui sont nus, visiter ceux qui sont en prison. Saint sont ces anonymes, oui, comme sont saints ceux qui, religieux ou non, dans le secret, dans le silence, consacrent une grande partie de leur existence à la prière. Et comme saints sont ceux qui réussissent, dans leur vie, à allier ces deux dimensions d’action et de louange.

Tout cela, nous ne le pratiquons souvent qu’au compte-goutte, nous extasiant devant les personnes de notre entourage que nous voyons opérer ces miracles-là, mais nous disant incapables de les suivre, avec, parfois un sentiment de culpabilité terrible, l’impression de ne rien donner de ce que nous pourrions donner, le désespoir de n’être pas des « purs ».

Comme si les saints étaient des « purs » ! Il y a à ce sujet, dans Sagesse d’un Pauvre d’Éloi Leclerc, un passage bien connu, d’une force incroyable. Plusieurs d’entre nous s’en souviennent On est au bord d’une rivière, et frère Léon confie à François son désespoir de ne pas avoir la pureté de l’eau qui coule. La réponse du Poverello, telle que l’imagine Éloi Leclerc, est bouleversante :

« Alors, je comprends ta tristesse. Car on a toujours quelque chose à se reprocher […] Ne te préoccupe pas tant de la pureté de ton âme. Tourne ton regard vers Dieu. Admire-le. Réjouis-toi de ce qu’il est, lui, toute sainteté. […]. Il suffit que Dieu soit Dieu. […] La sainteté n’est pas un accomplissement de soi, ni une plénitude que l’on se donne. Elle est d’abord un vide que l’on accepte et que Dieu vient remplir. […] C'est cela avoir le cœur pur. Mais cette pureté ne s'obtient pas à la force des poignets et en se tendant. »

Allez, tout espoir n’est donc pas perdu pour nous, êtres incomplets et pécheurs indécrottables. En cette fête de la Toussaint, nous pouvons oser dire que la sainteté n’est pas un objectif inaccessible !

Michel Sauquet

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