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Un jour à la fois

Entre le jour où je prends le clavier pour vous rejoindre et celui où vous lirez ce message, il peut s’écouler du temps ! Il y a des questions dont on parle tous les jours, quelle que soit la météo : certains se confient sur leur santé… mais d’autres évoquent aussi les élections régionales ou présidentielles, ou les vacances et la reprise déjà proche. Qu’on le trouve long, ou qu’on ne le voit pas passer, le temps est la dimension de l‘épreuve de la solitude comme de la grâce de la rencontre. Nous ne pouvons pas toujours prévoir l’avenir et les mois de confinement rendent plus fragiles nos espoirs de lendemains meilleurs. Cependant, le quotidien de notre histoire personnelle se vit jour après jour, dans la durée.

On pourrait se contenter de relire ces pages éternelles de la Bible qui font l’inventaire de ce temps de la création qui est aussi le temps de Dieu (cf. le livre de Qohéleth). Pour faire bref, je dirais simplement que tout le Nouveau Testament est rempli de références au « temps », au « commencement », à la « fin des temps », à « l’éternité ». Le temps est constitutif de la création et notre conversion personnelle se déroule dans la durée. « Ne perdons pas notre temps » C’est toujours le temps de Dieu, c’est toujours le temps de l’Amour. Pour l’essentiel, il y a urgence. Nous entendons mieux aussi l’exhortation de François d’Assise : « Frères, commençons ». Il nous réconforte !

Mais nous ne pouvons oublier, en cette période estivale, ce droit, si difficilement acquis, des congés annuels, et intégrer à notre réflexion « le septième jour où Dieu se reposa ». Se distraire, souffler, se détendre, sont des aspects de notre existence, que nous devons aussi prendre en considération. Entre le désert de la solitude et le bain de foule, le temps nous est donné pour contempler la vie en croissance, collective ou personnelle, et cela laisse deviner le projet de Dieu dans l’Histoire des hommes au sein de laquelle, avec le temps, il œuvre et agit.

Entre élections municipales passées et présidentielles à venir, nous avons aussi la matière première du « temps » qui nous est confié. Les candidats prennent la parole pour dire leur projet de vie collective, tantôt pour acquérir du pouvoir, tantôt pour se mettre au service de tous. Difficile d’y voir clair, mais là comme ailleurs, il s’agit de transformer la société pour un mieux, sinon pour un moindre mal, de prendre soin des groupes et des faibles, de fonctionner dans le respect des personnes. Tous pourraient s’inscrire dans la Fraternité comme objectif et comme bien commun.

C’est ainsi que le court terme qui rythme la vie : « un jour à la fois » appelle, en vacances et durant l’année, le long terme qui construit peu à peu le temps long, chemin d’éternité.

« Paix et Bien » pour contempler, réconforter et agir.
Fr. Thierry