Famille franciscaine de l'Est Francilien

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« L'Eglise, ce n'est pas l'humanité qui cherche Dieu, c'est Dieu qui cherche l'humanité ».
M. Zundel.



> Edito : Pâques


           
      Il existe sur les hauts plateaux de Madagascar une curieuse tradition, le « famadihana », littéralement « retournement des morts ». Au cours d’une cérémonie très longuement préparée, qui se déroule dans le cimetière, les restes des morts sont exhumés du caveau familial, enveloppés de nouveaux linceuls et de nattes, puis promenés au milieu de la communauté villageoise dans une ambiance festive au son des tambours, des flûtes et des clarinettes. Les dépouilles sont portées en dansant par les villageois, puis ensevelies à nouveau. L’alcool coule à flot et toutes les branches des familles se retrouvent joyeusement à cette occasion, tous les cinq ou sept ans pour une fête où se mêlent la joie, la tristesse et la tendresse. On sait aussi qu’au Mexique, le « Días de los Muertos » (2 novembre) est une fête fort joyeuse et elle aussi passablement alcoolisée, pendant laquelle les familles décorent les tombes, y apportent de multiples offrandes et parfois pique-niquent sur place ou avalent des calaveras, têtes de morts en sucre, objets des plaisanteries les plus décontractées.

Ces coutumes mettent en relief, par contraste, le caractère embarrassant de la mort dans nos sociétés occidentales, où, de plus en plus médicalisée, technicisée, elle est en quelque sorte escamotée, et où le défunt est vite oublié, une fois expédiés les rites minimalistes auxquelles elle donne lieu. Nous évacuons facilement la mort et nous épargnons à nos petits-enfants le spectacle des cadavres et tentons de leur dissimuler le pathos qui l’entoure.

Nous chrétiens, supposés ne voir dans la mort qu’un passage et affirmant, dans le credo, croire à la résurrection de la chair, savons-nous mieux que d’autres exprimer notre espérance aux jours de deuil ? Difficilement, reconnaissons-le. Quant à aller, comme saint François dans l’avant dernière strophe du Cantique des Créatures, jusqu’à louer le Seigneur « par notre sœur la Mort corporelle », reconnaissons que cela ne nous vient pas spontanément…

Pourtant, cette semaine sainte est une formidable invitation à tourner notre regard vers le Christ mort et ressuscité, et à entrer dans cette espérance extraordinaire, si bien exprimée par saint Paul dans sa première lettre aux Thessaloniciens : « Frères, nous ne voulons pas vous laisser dans l’ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort ; il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres qui n’ont pas d’espérance. Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ; de même, nous le croyons, ceux qui se sont endormis, Dieu, à cause de Jésus, les emmènera avec son Fils. Ainsi, nous serons pour toujours avec le Seigneur. »

Tout est espoir. Joyeuses Pâques !

Michel Sauquet, Fraternité Franciscaine séculière.

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