Famille franciscaine de l'Est Francilien

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«On est Un parce que l'amour nous unit
Deux parce que l'amour nous respecte,
Trois parce que l'amour nous dépasse.» Pierre Molinié.


> Edito - Blessure ouverte, les Stigmates…


           
Au-delà du cercle des initiés qui ont un attachement spirituel à François d’Assise, je vous partage une réflexion sur ce phénomène des stigmates qui, à lui-seul, constitue une question. En effet, ce « fait » laisse planer un doute chez certains, chez d’autres, il suscite l’admiration. Certains enfin, sont indifférents ou éprouvent une résistance. La raison et l’imaginaire rivalisent. Ce phénomène hors du commun des stigmates peut rendre la foi plus merveilleuse, chez certains, et introduire dans l’univers religieux, ou au contraire en éloigner d’autres.

De quoi s’agi-il ? Faire mémoire des stigmates, c’est se souvenir de l’année 1224. En ce temps-là, en un lieu précis, à l’Alverne, François d’Assise, se retire sur cette montagne pour prier. Là, il demande à Jésus de sentir, dans son âme et dans son corps, la force de l’amour dont il était embrasé, et de partager la douleur éprouvée à l’heure de sa passion. » (Citation des Ecrits primitifs) Or, François, déjà très affaibli par la maladie, sort de ce temps de prière, avec les blessures de la passion inscrites dans son propre corps. Des plaies aux mains et aux pieds, et une blessure sur le côté de la poitrine. C’est ce que nous rapportent les sources.

Cet homme qui parle aux oiseaux, qui embrasse un lépreux, qui se méfie du pouvoir de l’argent… devient aussi l’homme des « conformités ». Plus qu’aucun autre, François se conforme à celui que son cœur aime, Jésus, au point de lui ressembler physiquement. En lui, il n’y a pas de distance entre le cœur et le corps. Très vite, il devient « un autre Christ ». Très vite, ses contemporains en témoignent et ils écrivent ce récit significatif.

Déjà, dans le livre de l‘Exode, nous lisons que Moïse portait sur lui « la trace de Dieu » et Saint paul disait dans sa lettre aux Romains que le chrétien est d’avance destiné à « être configuré à l’image de son Fils ».

Pour nous, ce « signe »  révèle que Jésus est considéré comme un « vrai homme » et non seulement comme un rêve de Dieu. Non, Jésus n’est pas phénomène « hors sol ». Il ne plane pas au dessus de la création  humaine, il est l’un de  nous. Il porte les traces d’un amour blessé, engagé dans un combat à hauteur d’homme.

On peut s’interroger sur la matérialité des faits, il est pourtant difficile de mettre en doute la signification des stigmates : Car ce qui est arrivé à Jésus et à François est l’aboutissement d’un combat et l’expression d’une passion ardente pour aller au bout de l’amour. Chez l’un et chez l’autre, la passion de l’amour laisse des traces : L’amour qui fait vivre est aussi source de souffrance et de mort. « Bien-heureux les artisans de Paix », même s’ils meurent au regard  des humains, ils disent que la vie est plus forte que la mort et ils seront appelés fils de Dieu. »

En nous inspirant des « stigmates », nous nous réconcilions avec l’être que nous sommes, en acceptant cette blessure ouverte qui dit la vérité de la vie et la double origine de notre existence, sans prétention ni mépris, ardents et souffrants. En parlant des blessures de l’amour, je parle à tous ceux qui vivent une passion et portent une blessure ouverte, en conformité avec la vie de Dieu dans notre vie terrestre. Notre histoire de Foi est l’histoire d’une vie blessée, assumée et validée par Jésus et François. Nos blessures peuvent avoir une même origine et dire la puissance de tout amour.

Thierry Gournay.

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