Cycle de la passion

La Résurrection 20

On remarquera l’unité profonde des 4 épisodes de ce chapitre 20, qui tendent vers un sommet, la béatitude de la foi : « Bienheureux ceux qui croient sans avoir vu ».
S’agit-il de croyance ? Pas seulement le fait de la résurrection : Jésus est revenu ! mais la signification de ce fait : qu’arrive-t-il à Jésus quand il ressuscite ? Et qu’arrive-t-il à ses disciples à ce moment-là ?

Découverte du tombeau vide (20, 1-10)

➡️ Pierre et Jean : les autorités dans l’Eglise primitive (Ac. 1, 13 ; 3, 1-4.11 ; 4, 13-19 ; 8, 14)
➡️ Jean est plein de déférence envers Pierre. Le sens ecclésial est nettement marqué.
➡️ Il vit et il crut :
• qu’a-t-il vu ? des signes (les bandelettes et le suaire roulé à part)
• en quoi a-t-il cru ? à la résurrection de Jésus, car si on avait enlevé le corps durant la nuit, on l’aurait emporté tout enveloppé).
➡️ Dans cette notation « il vit et il crut » peut-être y a-t-il l’aveu discret d’une déficience. Jean aurait-il cru, à ce moment, s’il n’avait pas vu ? C’est une question que nous pouvons nous poser.
➡️ « Ils n’avaient pas encore compris que, d’après l’Ecriture, il devait ressusciter des morts » : allusion au Ps. 16, 9-10 : « Tu ne laisseras pas ton ami voir la corruption ».


Apparition de Jésus à Marie-Madeleine (20, 11-18)

➡️ Evénement très parallèle à celui des ‘Disciples d’Emmaüs’ : la pointe du récit réside dans la reconnaissance de Jésus par le disciple, après la méprise initiale. Marie-Madeleine reconnaît Jésus quand il l’appelle par son prénom, et les disciples d’Emmaüs à la fraction du pain.
Cela veut dire qu’il ne suffit pas que Jésus soit présent à ses disciples, encore faut-il qu’ils le reconnaissent ! Ce sera l’essence même de tout « sacrement » : le point de rencontre entre 2 démarches, celle du Christ (toujours là le premier), et celle du fidèle qui vient à la rencontre.
➡️ « Ne me retiens pas… » Marie-Madeleine se méprend, car Jésus ne sort pas du tombeau pour renouer, comme Lazare, le fil de son existence antérieure, terrestre, il passe à une condition nouvelle, celle des corps glorieux.
Désormais Jésus ne sera plus présent à son Eglise sous sa condition historique palestinienne, il sera le présent/absent : présent par ses sacrements, mais « disparaissant à nos yeux », comme aux disciples d’Emmaüs, comme aux Apôtres après les apparitions et lors de l’ascension, car, dorénavant, il est d’en-haut par tout son être.
➡️ Le message confié par Jésus à Marie-Madeleine comporte trois éléments :
• « Va vers mes frères » : c’est la première fois que Jésus les appelle ‘mes frères’, comme si sa condition de ressuscité renforçait son intimité.
• « Je monte» : c’est le retour de Jésus à la source d’où il est descendu vers nous (cf. 3, 13 ; 6, 38-42)
• « … vers mon Père et votre Père » : c’est l’heure où se réalise le but de l’incarnation : la filiation adoptive (« donner le pouvoir de devenir enfants de Dieu » 1, 12), ce qui veut dire englober les croyants dans la filiation même du Fils unique.