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événements de septembre 2019

Le pèlerinage est accompagné par les frères Jean-Baptiste Auberger et Dominique Joly.
Le programme permettra de visiter des lieux que l’on ne visite pas habituellement (Saint Jean d’Acre, Montfort, etc.) et il y aura des occasions de découvrir les différents groupes religieux (chrétiens orientaux, juifs, musulmans).
Plus d’information sur : Pèlerinages-8eCentenaire

Avec les pèlerinages franciscains, partez en Terre Sainte du 9 au 17 septembre

Fête de St François le 4 octobre à 19h30

A la paroisse St Germain l’Auxerrois de Fontenay sous Bois, 2 rue de Rosny.
Toutes les fraternités de la région sont invitées ainsi que tous ceux qui souhaitent venir.

A la cathédrale de Créteil, le 27 octobre

Une journée pour célébrer en Eglise le 800ème anniversaire de la rencontre de Damiette Messe télévisée du Jour du Seigneur à 11h,
Repas tiré du sac.
Carrefours autour d’initiatives diocésaines et nationales interreligieuses.

« L’Époque de la sécularisation » d’Augusto Del Noce

Le premier caractère devant être assigné à l’histoire contemporaine est le suivant : elle est « histoire de l’expansion de l’athéisme. »

La philosophie et la vision historique d’Augusto Del Noce (exprimées ici entre 1968 et 1970) embrassent le XXème siècle et au-delà, la Renaissance puis les Lumières dans lesquelles il voit plonger les racines de l’athéisme aujourd’hui dominant dans notre « société technologique », ou « technocratique », ou « opulente », ou encore « société du bien-être », au sens qu’elle vise à « la plus grande satisfaction possible des goûts et des appétits », recherche exclusive de « l’esprit bourgeois » qui, n’obéissant qu’à la catégorie de l’utile, désacralise tout ce qu’il pense. Au contraire d’une société fondée sur les « valeurs traditionnelles » ou « valeurs permanentes » — celles de la « vie bonne » qui mènent à la félicité — la société technologique n’a que le bien-être pour finalité de son culte de la nouveauté, de son positivisme utilitaire et du « progressisme » résultant. En conséquence, elle abolit la philosophie en l’asservissant à la science, elle estompe la différence entre l’animal et l’homme tout entier tourné vers la satisfaction de ses besoins sensibles, elle annihile la pudeur et donne libre cours au mensonge et à la mauvaise foi qu’aucune vérité durable ne vient plus contrarier.

Comment en sommes-nous arrivés à cette involution qui élimine le primat de la contemplation au profit de « la pure affirmation de soi au sens le plus étroitement individualiste et égoïste » ? Le philosophe inspiré inverse la perspective conventionnelle : ce n’est pas le progrès de la science et de la technologie qui provoque en soi le recul de la religiosité comme s’en convainc trop facilement le progressisme, c’est au contraire l’éclipse du sacré qui laisse le champ libre à « l’hybris de l’activité technologique » d’où toutes les activités humaines sont considérées dans l’optique du combat homme-nature. La participation contingente du marxisme fut déterminante dans ce processus. La société technologique accepta volontiers le soutien de son athéisme prosélytique, tandis que le communisme renonçait de lui-même — par utilitarisme inhérent à sa pratique comme à sa théorie — à ses utopies eschatologiques et aux espérances messianiques initiales qu’il portait. Le caractère paradoxalement religieux du communisme éliminé, celui-ci ne comportait plus aucun danger révolutionnaire ; la victoire de l’athéisme assurait le règne du progressisme dans sa société du bien-être.

Dès la fin des années soixante Augusto del Noce multiplie des avertissements qu’il nous faut recevoir aujourd’hui par delà les apparences démocratiques : « (..) la société du bien-être est intrinsèquement totalitaire, en ce sens que la culture y est complètement subordonnée à la politique. » « La perspective rapprochée du succès du progressisme, c’est le conservatisme le plus despotique que l’histoire ait jamais connu, puisque son programme n’est autre que d’effacer totalement l’idée d’une autre réalité, qu’elle soit terrestre ou céleste. » « (…) le point d’aboutissement du progressisme, c’est la destruction des trois vertus théologales, la foi, l’espérance et la charité, et de leurs traductions laïques inappropriées. La définition la plus précise du totalitarisme, c’est peut-être celle qui désigne un régime où ces trois vertus sont détruites. » « Un régime qui met fin à l’espérance définit précisément le plus haut degré d’oppression auquel un système puisse parvenir. »

« On n’insistera jamais assez sur le caractère avant tout religieux de la crise de notre siècle ». La philosophie d’Augusto del Noce est précieuse, indispensable, notamment aux chrétiens désireux d’agir sur le devenir du monde avec une foi et une conscience politique réconciliées. Mais la critique de la société du bien-être ne peut être réactionnaire, elle doit aller au-delà du clivage progressiste-réactionnaire qui reste dans la logique du premier terme et s’appuyer plus que jamais sur les vertus théologale de la foi, de l’espérance et de la charité.

Jean Chavot

Prière du Père Charles de Foucauld

Mon Père,
Je m’abandonne à toi,
Fais de moi ce qu’il te plaira.
Quoi que tu fasses de moi,
Je te remercie.
Je suis prêt à tout, j’accepte tout,
Pourvu que ta volonté
Se fasse en moi,
En toutes tes créatures,
Je ne désire rien d’autre, mon Dieu.
Je remets mon âme entre tes mains.
Je te la donne, mon Dieu,
Avec tout l’amour de mon cœur,
Parce que je t’aime,
Et que ce m’est un besoin d’amour
De me donner,
De me remettre entre tes mains sans mesure,
Avec une infinie confiance
Car tu es mon Père.

Evangile selon Saint Jean

LA GUERISON DU PARALYTIQUE     5, 1-47

Introduction
Contraste : en Galilée et en Samarie, on accède à la foi. A Jérusalem, on refuse Jésus Même procédé littéraire : l’anecdote, qui est prétexte à révélation. L’auteur part d’un fait précis (miracle), de personnages précis (paralytique et juifs influents) et d’un motif précis (violation du sabbat) ; mais ensuite ces réalités s’estompent au profit d’une révélation théologique fondamentale : la condition divine de Jésus, et le nouveau visage de Dieu. Dans ce chapitre, 2 plans historiques sont superposés : l’apologétique de Jésus qui se défend contre les docteurs d’Israël à Jérusalem, et l’apologétique de Jean qui défend le christianisme naissant contre le judaïsme immobile et persécuteur.  

I.  Le miracle  v. 1-9
Une nouvelle fois, Jésus franchit les frontières : la piscine probatique de Bezatha,  qui est un lieu peu orthodoxe, plus ou moins suspect aux autorités : eaux guérisseuses de réputation et d’origine païennes ?  L’action missionnaire de Jésus se dirige vers les superstitieux. Jésus n’exige pas d’abord la foi, d’emblée il agit avec puissance ; la foi du paralytique sera d’obéir après le miracle. C’est une manière de dire que la foi n’est pas seulement la confiance, mais aussi l’obéissance. La guérison ne s’adresse pas seulement au corps (v. 8), mais aussi au cœur (v. 14) ; tout en précisant qu’il n’y a aucun lien entre l’infirmité et le péché : Jésus le dira explicitement en 9, 3. Jean fait probablement une allusion au baptême chrétien, qui lui aussi est une plongée dans l’eau et une guérison-recréation. L’impossibilité dans laquelle se trouvait le paralytique de recevoir la guérison jusqu’à ce que vienne à lui le Christ, évoque l’humanité laissée à ses propres forces.

II. La polémique avec les juifs v. 10-18
Le prétexte est la rupture du sabbat. L’argumentation des juifs et de la Bible, c’est que l’homme doit imiter le repos du Créateur La réponse de Jésus est d’un autre ordre : « Mon Père travaille toujours et moi aussi je travaille ». Il faut savoir que la pensée juive peinait à concilier le repos de Dieu après la création, repos dont le sabbat est l’image (Gn. 2, 2), avec son activité constante dans le gouvernement du monde. On distinguait l’activité du Créateur qui a pris fin, et l’activité du Juge, qui ne cesse jamais. Jésus identifie son activité à celle du Juge. D’où le scandale des juifs puisque Jésus s’estime seul juge de la véritable imitation de Dieu. Bien plus, il l’appelle « son Père », et donc l’égal de Dieu.

III. Le discours apologétique de Jésus          v. 19-47

Deux parties dans ce discours :

  • Parfaite unité d’action entre le Père et le Fils (19-30 : bien marquée par une inclusion)
  • fondée sur « voir » et « aimer »
  • Les 2 œuvres du Fils : « donner la vie » et « juger »

double pouvoir qui est proprement divin (cf. Dt. 32, 39 ; 2R. 5, 7)

  • Les témoins de Jésus (31-47)
  • Jean-Baptiste… mais ce n’était qu’un homme (33-35)
  • Le Père, au travers des œuvres de Jésus (32. 36-38)
  • Les Ecritures (39-40).

Alors, pourquoi les juifs refusent-ils le témoignage du Père ? (41-47). Parce qu’ils recherchent la gloire auprès des hommes, plutôt que l’amour du Père. Par-là, ils sont infidèles à Moïse.

Fr. Joseph

Mélodie de Vienne

E.Lothar, Mélodie de Vienne, Liana Lévi, Paris, 2016, 665 pages, 24 €

Il y eut Thomas Mann et les Buddenbrook, il y eut Maurice Druon et Les Grandes Familles mais la saga de la famille Alt, facteurs de piano dans la Vienne de la fin du XIX°siècle jusqu’à l’Anschluss demeure souvent ignorée. Pourtant, l’ouvrage emporte le lecteur dans le tourbillon qui anéantit le vieil Empire habsbourgeois multiséculaire. Dans un immeuble ancien du centre de Vienne ont vécu et vivent trois générations de la famille du célèbre facteur de pianos Alt, qui conçut un instrument pour Mozart. Les Alt sont des membres éminents de la haute société viennoise qui s’attachent à conserver les codes et l’étiquette. Les déchirements qui secouent le clan Alt bousculent l’harmonie de la résidence familiale. La cohabitation sous un même toit devient dès lors illégitime.

L’épopée est celle d’Henriette qui heurte le bon ordonnancement élaboré par le patriarche Christophe Alt. D’une saisissante beauté, follement sentimentale, elle n’en est pas moins victime de l’antisémitisme ambiant qui règne en Autriche. D’une fidélité conjugale à éclipses, maîtresse de l’Archiduc Rodolphe, elle parcourt avec ses enfants l’histoire dramatique de l’Autriche impériale multiethnique qui se meurt. Ce rêve qui demeure dans les mémoires ; celui de Sissi et du concert du Nouvel An, celui de Strauss et de la Radetsky March c’est celui qui s’évanouit sous les coups des nazis. Vienne, frivole, créative ; Vienne, cœur de l’effervescence culturelle veut ignorer l’archaïsme et la désuétude de son mode de vie d’un autre temps.

Lothar aspire à affirmer l’originalité de l’identité autrichienne, si différente de la culture allemande. L’hypothèse est séduisante même si elle n’est pas partagée par Reed dans Le Troisième homme. Vienne, berceau de la culture européenne ou source de ses démons ? Sans doute peut-on reprocher à Lothar de défendre avec une certaine énergie cette surprenante idée que l’Autriche fut une victime innocente de l’histoire. Ainsi, un fils d’Henriette échoue au concours pour entrer à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne ; sort subi par un autre jeune, qui, furieux aspire à se venger…un monstre engendré plus par la frustration que par l’Autriche. Ce roman est aussi celui des intrigues politiques et sentimentales d’une société aux abois, déjà plongée dans les méandres révolus de l’Histoire. Ce drame historique est celui du mouvement ouvrier, des fractures sociales du siècle industriel et du rêve du nouveau monde. Tragédie d’une société qui sombre avec la Grande Guerre, qui s’abandonne dans les bras du nazisme et qui se complaît dans l’antisémitisme. Un roman épique à lire dans un transat mais en prenant garde de se protéger du soleil car lorsque le lecteur lit « En tournant à l’église de l’Ordre des chevaliers teutoniques… » Il plonge alors dans une histoire qui ne lui laissera plus de répit.

Erik Lambert.

Seigneur, toi qui as donné ta vie

Seigneur, toi qui as donné ta vie
pour que nous vivions,
toi qui nous appelles à te suivre,
apprends-nous à donner notre vie
pour le service de tous nos frères,
les hommes.

Donne-nous la disponibilité du cœur
pour que nous puissions entendre ta voix
à travers ceux que nous côtoyons chaque jour.

Fais-nous comprendre, à nous, tes serviteurs,
que notre tâche quotidienne est d’agir
pour que chaque personne
avec laquelle nous sommes en relation,
te rencontre et s’épanouisse dans ta paix,
ta sérénité, ta joie.

M. Pierre.

De quels pauvres parlons-nous ?

A la lecture de ce passage des Béatitudes : « Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous. Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. » (Luc 6, 20-21), on peut se questionner : qui sont les pauvres que mentionne Luc, et Jésus encourage-t-il la pauvreté ? 

Dans l’Ancien Testament, les Juifs, s’appuyant sur le principe de rétribution, considèrent la richesse comme une bénédiction, une récompense pour leur fidélité à Dieu et à ses préceptes. Par opposition, la pauvreté est perçue comme le résultat d’un comportement peu vertueux ou, pire, du péché. Ceux qui la subissent sont donc souvent traités avec mépris. Cependant, les prophètes se font les défenseurs de ces déshérités et n’ont de cesse de dénoncer les injustices dont ils sont les victimes. Ignorés par les uns, rejetés par les autres, spoliés de leurs droits par les puissants, les pauvres n’ont d’autre appui, d’autre secours que le Seigneur et ils attendent le Messie, celui qui les défendra et leur fera justice. « Qu’il gouverne ton peuple avec justice, et tes humbles selon le droit. » (Ps 72,2), « Qu’il fasse droit aux humbles du peuple, qu’il soit le salut des pauvres, qu’il écrase l’exploiteur ! » (Ps 72,4), « Oui, il délivrera le pauvre qui appelle, et les humbles privés d’appui. Il prendra souci du pauvre et du faible ; aux pauvres, il sauvera la vie : Il les défendra contre la brutalité et la violence, il donnera cher de leur vie. » (Is 72,12-14) Les psaumes se font l’écho du cri des pauvres, de tous les petits, les exclus, les derniers. Il ne s’agit donc pas uniquement de pauvreté matérielle, d’ailleurs les psaumes nous parlent des « humbles ». Les « humbles » restent fidèles à Dieu, même dans l’épreuve, ils vivent dans la confiance, dans « la crainte de Dieu », car ils savent que leur salut vient de Lui. Ils sont les « Pauvres de Yahweh », ceux pour qui Dieu a un amour bienveillant et compatissant. « Cieux, poussez des acclamations ; terre, exulte, montagnes, explosez en acclamations, car le Seigneur réconforte son peuple et à ses humiliés il montre sa tendresse. » (Is 49,13). 

Ce peuple humble et modeste connaîtra la joie et la paix car il a pour refuge le nom du Seigneur, et non le pouvoir ou les vaines richesses. (So 3, 11-13)

Avec Jésus, les pauvres apparaissent comme les héritiers privilégiés du Royaume, ceux à qui il est venu annoncer la Bonne Nouvelle. Les promesses de l’Ancien Testament vont se réaliser : « les pauvres mangeront et seront rassasiés. » (Ps 22,27)  Mais le Christ insiste aussi, auprès de tous ceux qui veulent le suivre, sur une pauvreté choisie, une pauvreté d’ordre spirituel qui conduit à se détacher des biens matériels, qu’on en possède ou pas, pour leur préférer les vraies richesses. « Cherchez d’abord le Royaume et la justice de Dieu, et toute chose vous sera donnée en plus» (Mt 6,33). Avoir une âme de pauvre pour se reconnaître humblement et totalement dépendant de Dieu. Ainsi Matthieu, dans la béatitude des pauvres, précise-t-il : « Heureux les pauvres de cœur »(Mt 5, 3).

Jésus ne fait donc en aucun cas l’éloge de la misère. L’Évangile, comme les prophètes, appelle à plus de justice sociale et rappelle aux riches leurs devoirs envers les plus pauvres.

L’Église, dans sa fidélité au Christ, s’est engagée sur la même voie à travers toute sa doctrine sociale. Il en est ainsi, par exemple, de Jean XXIII, qui déclarait peu avant l’ouverture du concile Vatican II : « L’Église se présente telle qu’elle est et veut être : l’Église de tous et particulièrement l’Église des pauvres. » au pape François exprimant son souhait d’une « Église pauvre pour les pauvres », en passant par la théologie de la libération et l’option préférentielle pour les pauvres.

Ceci signifie-t-il le rejet de tous ceux qui sont riches et bien portants ? Évidemment non ! Marc nous dit bien que Jésus regarda le jeune homme riche « et l’aima » (Mc 10, 21). C’est pourquoi cet amour pour les pauvres est une priorité, non une exclusivité ; l’Église veut souligner le souci qu’elle a des plus petits et des plus faibles.

Mais, à l’exemple de St François, nous sommes invités à nous reconnaître pauvres, à « renoncer à être au-dessus des autres pour être avec eux, pour devenir l’un d’eux, le plus petit d’entre eux : leur frère. » (Éloi Leclerc, François d’Assise, le retour à l’Évangile) ; nous pourrons alors marcher sur les traces de ce Dieu qui s’est fait pauvre pour nous, afin de nous enrichir de sa pauvreté (2 Co 8, 9). 

L’Apocalypsenous avertit :« Que n’es-tu froid ou bouillant ! Mais parce que tu es tiède, et non froid ou bouillant, je vais te vomir de ma bouche. Parce que tu dis : je suis riche, je me suis enrichi, je n’ai besoin de rien, et que tu ne sais pas que tu es misérable, pitoyable, pauvre, aveugle et nu » (3, 15-17). Qu’elles soient volontaires ou subies, nos pauvretés sont bien réelles ; oui, nous sommes tous pauvres, et, en ce sens, nous sommes tous la priorité et l’avenir de l’Église.

Pascale Clamens

Qui est St François d’Assise pour moi aujourd’hui ?

Témoignage d’un frère capucin de Créteil

« Va, François, et répare mon Église. » Il y a huit siècles, François d’Assise entendait résonner cette parole, cette mission que le Christ lui confiait.

Cette mission, il l’a reçu dans une pauvre chapelle délabrée, située en périphérie de la Cité ; Et pour le former à cette mission, le Christ l’a envoyé hors de l’institution Eglise, en périphérie de l’Eglise et de la Cité, à l’école des « minores », des petits de la société. Le Christ a demandé à François de l’entendre parler à son Eglise à travers la vie quotidienne des hommes de son temps, à commencer par les plus simples ; de se mettre à l’école des hommes afin d’entendre ce que Dieu avait à enseigner à son Eglise. Il lui a confié la mission de mettre l’Eglise à l’écoute et à l’école du monde pour apprendre Dieu. Et c’est toujours aujourd’hui la mission de la famille franciscaine. 

Voilà ce que je méditais un matin dans le petit oratoire de notre fraternité capucine de Créteil, située à l’entrée d’une cité dite populaire ; ces cités habitées par des hommes et des femmes à l’école de qui le Christ nous appelle à nous mettre pour apprendre l’Evangile, pour entendre l’Esprit de Dieu à l’œuvre dans notre monde d’aujourd’hui. Voir, entendre, à travers « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent » la présence de Dieu se disant et se faisant connaitre à l’humanité d’aujourd’hui.  Discerner ainsi  la présence de Dieu apprenant à son Eglise à se réformer pour manifester l’Evangile à l’humanité d’aujourd’hui. 

N’est-ce pas déjà ce qu’affirmait Gaudium et Spes : « Pour mener à bien cette tâche, l’Eglise a le devoir, à tout moment, de scruter les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l’Evangile, de telle sorte qu’elle puisse répondre, d’une manière adaptée à chaque génération, aux questions éternelles des hommes sur le sens de la vie présente et future et sur leurs relations réciproques » : se laisser enseigner avant de prétendre enseigner. 

Va et répare mon Eglise,  c’est  aussi  les vœux d’un pape nommé François.  Alors notre mission franciscaine ne serait-elle pas de devenir porte-parole des réalités quotidiennes en prenant sur nous les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses de tous les hommes pour les faire résonner au sein de l’Eglise, une Eglise Peuple de Dieu constituée d’hommes et de femmes rassemblés par le Christ ? Ne serait-ce pas là le cœur de toute vocation franciscaine au sein de notre Eglise d’aujourd’hui?

Frère Daniel PainBlanc, capucin

Journée régionale des fraternités franciscaines séculières de la région Créteil-St Denis-Meaux

Le   dimanche 16  juin 2019, les fraternités séculières  de notre région se sont retrouvées à Roissy en Brie où nous  avons  été accueillis  chaleureusement par la fraternité Ste Claire. Ce fut une journée mémorable.

Le thème de la journée, «  Tout homme est mon frère  »,  prolongeait celui de notre retraite régionale de février. L’approche du thème fut nouvelle par rapport à celle adoptée généralement lors  de nos rencontres régionales : pas d’exposé suivi de carrefours, mais des témoignages personnels approfondis ; des frères et des sœurs séculiers de notre région ont partagé leur expérience au service de malades ou de personnes âgées, de prisonniers  ou de jeunes de l’aide sociale à l’enfance ou encore de parents (père ou mère) élevant seuls leurs enfants. De cette grande variété d‘engagements et de la manière de les vivre se dégageait un même esprit franciscain, un même parfum évangélique  qui nous a tous beaucoup touchés. Certains de ces témoignages seront publiés sur le site à partir de septembre.

Le repas partagé  à l’extérieur ,dans les effluves du tilleul en fleurs, a été un grand  moment de bonheur  fraternel  mais nous n’étions pas au bout de nos surprises : l’après-midi , nous avons été invités à préparer, en équipes, de brèves mises en scènes mimées d’épisodes de la vie de St François à partir de quelques lignes distribuées à chaque équipe, le but étant de faire deviner aux autres de quel épisode il s’agissait.  C’était loin d’être facile car il s’agissait parfois de moments peu  connus de la vie de François mais rien ne nous a arrêtés et  tout le monde s’est bien amusé. Mais il ne s’agissait  pas seulement d’un jeu  car, bien  sûr, il y était aussi  question de l’attitude de St  François  vis-à-vis du frère et Frère Joseph nous a aidés  à mieux comprendre ce qui était en jeu  dans ces épisodes. La rencontre s’est terminée par l’Eucharistie dans la gratitude pour tout ce que nous avions vécu et partagé au cours de cette journée.

Marie Agnès et Pascale

Marguerite de Cortone (1/3)

  1. Une vie qui ne prédestinait pas à la sainteté…

             Marguerite naquit en Toscane dans une famille paysanne. Elle perdit sa mère alors qu’elle avait à peine sept ans. Son père se remaria, et sa vie en devint fort difficile car sa belle-mère ne lui manifestait ni attention ni affection. 

            Marguerite était d’une rare beauté, et à seize ans, elle fut séduite par un jeune et riche noble de Montepulciano, nommé Arsenio, qui promit de la prendre pour femme. Elle quitta la maison paternelle pour vivre avec lui à Montepulciano. Malgré des promesses répétées aucun mariage n’eut lieu, même lorsqu’un fils naquit de cette union. Durant neuf ans, ce fut la vie facile et insouciante. Elle recevait de l’argent qui lui permettait d’acheter des bijoux et de se parer. Elle avait beaucoup de charme et était connue comme la ‘Dame de Montepulciano’ alors qu’elle n’était en fait que la maîtresse d’Arsenio. 

            En 1273, son amant fut assassiné dans des circonstances mystérieuses. La légende raconte que son chien vint chercher Marguerite pour la conduire jusqu’au corps du malheureux, d’où les représentations de la sainte, accompagnée d’un chien. La vie de Marguerite s’en trouva radicalement changée, elle fut fortement secouée par la mort de l’homme qu’elle aimait. 

            Elle fut mise à la porte de la maison de son amant. Retournant auprès de son père, elle n’y fut pas reçue. Elle se retrouva seule avec un enfant de six ans, à la rue, sans argent et désespérée. 

            Se réfugiant dans une église proche, elle y fut reçue et écoutée par des franciscains. Elle se mit sous leur direction et fit pénitence.

Chantal AUVRAY