Archives de catégorie : Vie Franciscaine

Un engagement franciscain

Présentation du groupe Pause et Partage

Les rencontres « Pause et Partage » s’adressent aux parents (homme ou femme) élevant seuls leurs enfants et qui souhaitent prendre du recul, se nourrir spirituellement et échanger avec d’autres personnes dans la même situation. L’idée d’organiser ces rencontres date de quelques années. Un membre de notre fraternité élevant elle-même seule ses enfants, nous a fait part de son besoin de souffler, de se ressourcer sans la présence de ses enfants. L’idée a muri et ces rencontres existent depuis 4 ans.

Ce moment est d’abord un temps de convivialité et de repos. C’est aussi une occasion de rencontres et de paroles libres pouvant apporter un soutien à chacun. Les enfants peuvent y être accueillis et vivre cette journée en jouant ensemble. Souvent les adolescents partagent le repas avec nous et rentrent chez eux l’après-midi. Pour les plus jeunes, des jeux sont mis à leur disposition.

Ces journées se déroulent en 3 temps :
• Le temps de l’accueil et du repas partagé ; nous accordons une importance à la préparation de la table, toujours fleurie et décorée. Le repas pris avec adultes et enfants peut faire penser à « un repas en famille ».
• Vient ensuite le temps à la chapelle qui offre un temps de silence et de ressourcement. La lecture d’un texte choisi et le partage à son propos peuvent susciter des résonnances et nourrir le cheminement de chacun. La prière permet de déposer sa vie devant le Seigneur. La présence de frère Joseph est importante, son écoute, son discernement permet à chacun de cheminer à son rythme. Depuis une année, de façon spontanée, les enfants nous ont accompagnés à la chapelle, et ce qui est beau, c’est que des adolescents ont pu s’exprimer de façon spontanée.
• Après le temps à la chapelle, ceux qui le souhaitent peuvent se retrouver autour d’un goûter. Il s’agit de permettre à qui le veut bien de partager des moments de vie ou des interrogations de façon spontanée, sans s’y sentir obligé . Cette fin de journée n’est pas programmée, car nous gardons à l’esprit que la parole se libère dans des temps non définis.

Avant tout, ces dimanches sont un moment de convivialité, de ressourcement et d’écoute. Ces rencontres n’ont pas pour objectif d’apporter une solution, une réponse aux difficultés de chacun, chaque personne ayant son propre cheminement.

Elisabeth Lejeune
de la fraternité St François de Fontenay sous Bois

La commémoration de la rencontre de Damiette

« A l’invitation de la Famille Franciscaine, du diocèse de Créteil et du Service National pour les Relations avec les Musulmans, venez nombreux à la célébration nationale des 800 ans de la rencontre entre saint François et le sultan d’Egypte à la cathédrale de Créteil le 27 octobre 2019 de 10h30 à 18h00. » C’est ainsi que sur le site du diocèse de Créteil était annoncé la journée du 27 octobre à la cathédrale de Créteil. Cette rencontre est présentée plus que jamais comme une rencontre d’actualité alors que le Pape a choisi, en ce début d’année, de visiter des pays majoritairement musulmans.

Cependant pour ma part j’aimerais insister sur un point essentiel qui a animé le comité d’organisation lors de la préparation de cette journée, et qui dépassait le seul cadre du dialogue interreligieux : il s’agissait pour nous d’une invitation à interroger la manière dont nous vivons toutes nos rencontres. Dans la rencontre de François et du sultan, on découvre la rencontre de deux hommes qui apprennent à se connaitre et à se respecter y compris à travers leurs différences. Alors, comment pouvons-nous apprendre de cette rencontre à creuser un chemin possible de communion dans la rencontre de l’autre, quel qu’il soit.

« Saint François nous invite à refléter la divine humilité de Dieu sur ceux que nous rencontrons en faisant ce premier pas de serviteur avec amour. Il nous invite à oser la rencontre avec celui qui est différent, à nous laisser surprendre, à nous laisser déplacer et, dans ce mouvement, à découvrir le Christ Vivant qui se donne à travers l’autre ». C’est autour de cette problématique que nous avons pensé cette journée, depuis la messe du matin jusqu’à la manière d’organiser les ateliers de l’après-midi, en passant par le temps du verre de l’amitié et du repas : permettre aux participants de faire l’expérience de la rencontre de l’autre, de la découverte de celui que je ne connais pas, de celui qui peut me paraitre étrange, étranger à ma vie.

C’est cette interpellation que je voudrais retenir de cette journée, interpellation « prophétique », à contrecourant de discours qui envahissent les réseaux sociaux et appellent au rejet de l’autre. En tant que franciscains nous devons être convaincus que l’autre, quelles que soient son identité, sa nationalité, sa race, sa couleur de peau, sa religion, n’est pas à priori celui dont je dois me méfier mais celui dont j’ai besoin pour être moi-même, pour être pleinement humain. « Qu’as-tu à m’apprendre que je ne connais pas, pour être pleinement Homme ? Et moi que puis-je t’apprendre que tu ne connais pas ? » Voilà peut-être la question qui devrait nous habiter dans la rencontre de l’autre : Comment nous enrichir mutuellement de notre humanité commune ?

Frère Daniel Painblanc
Fraternité des capucins de Créteil

Heureux, vous les Pauvres!

La troupe de la Fraternité de la Beauté de Job a le plaisir de vous raconter comment s’est déroulé notre séjour à Lourdes, pour le spectacle « Heureux, vous les Pauvres !».

Nous sommes partis le mercredi 7 août à 21h00 ! Nous avons voyagé toute la nuit avec deux véhicules ! Quelle joie d’arriver à la Cité St Pierre sous le soleil, même si nous étions fatigués, éreintés par une nuit sans sommeil. Certains ont découvert la Cité St Pierre et les sanctuaires (grotte) pour la première fois dès notre arrivée.

Vendredi et Samedi, nous avons réalisé les deux matinées de bénévolat : Ménage, Lingerie, Pavillon, Plonge. Les après-midis, nous avons pris nos marques sur l’immense scène de 20 m de large à Padre Pio. À partir de dimanche, l’ensemble de la troupe est entré dans le rythme des répétitions et de la construction de la suite de la représentation, certaines réunions nous ont conduit parfois jusqu’à minuit !

Il y a eu des rencontres avec des personnes du pèlerinage Mosaïque (pélé national de l’Assomption) et des bénévoles de la cité St Pierre. Ils nous ont rejoint sur scène pour apporter leur contribution à notre réflexion : ça veut dire quoi pour vous « Heureux, vous les pauvres » ?

Mercredi 14 soir, veille de la représentation, nous sommes tous descendus dans les sanctuaires (comme nous l’avions fait le 1er soir de notre arrivée) pour vivre ensemble le pèlerinage à la grotte, boire et se laver à la source, et déposer un cierge pour chacune de nos intentions, et confier chacun à la grâce de Dieu… Nous en avons profité également pour soigner la fraternité et se réjouir en dégustant une bonne glace !

La répétition générale s’est déroulée le jeudi 15 après-midi. Puis, nous avons joué à 20h30, devant environ 350 personnes ! Le public a apprécié, il y a eu de l’émotion, des larmes de joie et des larmes de tristesse… le public a été captivé ! Et les enfants ont ri de bon cœur devant les pitreries des uns et des autres ! Parmi les spectateurs, nous avons eu le bonheur d’accueillir le père Cabes, recteur des sanctuaires et Mgr Herouard, envoyé par le Pape François pour soutenir les sanctuaires, malgré leur longue journée de présence dans les sanctuaires !

Reportage de Laurent Jarneau, grand reporter au Sanctuaire de Lourdes, qui raconte la résidence d’artiste jusqu’à la représentation.

Qui est saint François pour moi aujourd‘hui ?

Pour moi, François aujourd’hui, c’est une invitation à la prière régulière et fidèle avec notre créateur et Notre Seigneur Jésus –Christ. Oui, je prends le temps de prier, c’est ma force, ma force d’aimer mes proches, Cynthia, nos garçons, ma maman, c’est ma paix et le repos de mon âme.
Pour moi, François aujourd‘hui, c’est mes relations fraternelles, ma famille, mes amis, mes frères et sœurs en Jésus, nos fraternités (un petit peu plus pour Lagny), ma paroisse et tous ceux que je rencontre sur ma route, croyants et non croyants.
Pour moi, François aujourd‘hui, c’est oser la rencontre avec les Pauvres, les plus démunis ; ils ont beaucoup à m’apprendre de Dieu. J’en ai côtoyé un peu, je pense à Yonos qui mendiait pieds nus, nous avons pris le temps du partage, il m’a donné son sourire, sa poignée de main, sa chaleur.
Pour moi, François aujourd’hui, c’est la création dans toute sa splendeur, il donne un véritable sens à notre maison commune. Prenons en soin… Avec notre équipe d’aumônerie de 5ème, nous avons parcouru le Cantique de frère soleil en marchant et l’un des participants a évoqué les déchets laissés par terre mais nous nous sommes pris au jeu, nous avons ramassé des déchets.
Merci François, pour ce que tu me donnes à vivre simplement.
Fraternellement
Gilles Falla

qui est saint françois pour moi aujourd’hui ?

Aujourd’hui, Saint François d’Assise est pour moi plus que d’actualité.


Non seulement, le successeur de Pierre a choisi de porter son nom (on peut se demander si l’Esprit Saint n’a pas œuvré), mais toute l’actualité de ce moment nous ramène à Saint François. Saint François allant vers les plus pauvres : le Pape s’est rendu à Lampedusa à la rencontre des immigrés. Saint François et le sultan : le Pape s’est rendu en terre d’Islam (les Emirats et le Maroc). Et Saint François et la nature : actualité plus que criante. Tout ce qui compose la nature est considéré comme frère et sœur, frère soleil, sœur lune…, car créés avec amour par le même père que l’homme.

Alors, je me demande qui traiterait ses frères et sœurs comme l’homme traite la terre, notre maison commune, selon les mots du Pape François. Comment ne pas être émerveillé devant la nature, devant cette harmonie où tout est agencé de telle sorte que nous dépendons les uns des autres ? Mais comment traitons-nous ce don que le Créateur nous a fait ? Comment pouvons-nous ne pas en prendre soin au point de l’anéantir, et nous avec ?

Saint François me pousse à agir pour ne pas défigurer cette beauté et ne pas la détruire. Agir doit consister pour chacun de nous à prendre conscience des enjeux et à tout mettre en œuvre pour sauver ce qui peut l’être. Et comme la nature a cette faculté extraordinaire d’adaptation, je suis persuadée que chaque action, si minime soit elle, est possible et féconde.

Agissons au quotidien dans notre façon de consommer. Prélevons juste le strict nécessaire, évitons le gaspillage. Est-il normal de jeter des tonnes de nourriture alors que plus de la moitié de l’humanité ne dispose pas du minimum vital? Nous faisons venir de très loin ce que nous consommons : des haricots verts et des raisins en hiver par exemple. Ah oui, j’ai oublié que maintenant tout peut se consommer n’importe où et à n’importe quelle saison !!!

La société de consommation nous aliène en nous rendant dépendants et surtout en nous créant de plus en plus de besoins.

Remettons l’Homme au centre de nos préoccupations. La jeunesse d’aujourd’hui nous donne l’exemple par ses manifestations, ses grèves. Sommes-nous prêts à porter la lourde responsabilité de laisser une terre saccagée en héritage aux générations futures ?

« VA ET REPARE MA MAISON ». Comme Saint François, prions l’Esprit Saint de nous guider et d’aider tous les grands de ce monde à prendre conscience de l’urgence et à agir pour sauver LA MAISON COMMUNE. Une maison belle, diverse, harmonieuse que le Créateur a confiée à l’humanité.

Appoline Djondo
Fraternité Sainte Claire de Roissy en Brie

Qui est St François d’Assise pour moi aujourd’hui ?

Témoignage d’un frère capucin de Créteil

« Va, François, et répare mon Église. » Il y a huit siècles, François d’Assise entendait résonner cette parole, cette mission que le Christ lui confiait.

Cette mission, il l’a reçu dans une pauvre chapelle délabrée, située en périphérie de la Cité ; Et pour le former à cette mission, le Christ l’a envoyé hors de l’institution Eglise, en périphérie de l’Eglise et de la Cité, à l’école des « minores », des petits de la société. Le Christ a demandé à François de l’entendre parler à son Eglise à travers la vie quotidienne des hommes de son temps, à commencer par les plus simples ; de se mettre à l’école des hommes afin d’entendre ce que Dieu avait à enseigner à son Eglise. Il lui a confié la mission de mettre l’Eglise à l’écoute et à l’école du monde pour apprendre Dieu. Et c’est toujours aujourd’hui la mission de la famille franciscaine. 

Voilà ce que je méditais un matin dans le petit oratoire de notre fraternité capucine de Créteil, située à l’entrée d’une cité dite populaire ; ces cités habitées par des hommes et des femmes à l’école de qui le Christ nous appelle à nous mettre pour apprendre l’Evangile, pour entendre l’Esprit de Dieu à l’œuvre dans notre monde d’aujourd’hui. Voir, entendre, à travers « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent » la présence de Dieu se disant et se faisant connaitre à l’humanité d’aujourd’hui.  Discerner ainsi  la présence de Dieu apprenant à son Eglise à se réformer pour manifester l’Evangile à l’humanité d’aujourd’hui. 

N’est-ce pas déjà ce qu’affirmait Gaudium et Spes : « Pour mener à bien cette tâche, l’Eglise a le devoir, à tout moment, de scruter les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l’Evangile, de telle sorte qu’elle puisse répondre, d’une manière adaptée à chaque génération, aux questions éternelles des hommes sur le sens de la vie présente et future et sur leurs relations réciproques » : se laisser enseigner avant de prétendre enseigner. 

Va et répare mon Eglise,  c’est  aussi  les vœux d’un pape nommé François.  Alors notre mission franciscaine ne serait-elle pas de devenir porte-parole des réalités quotidiennes en prenant sur nous les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses de tous les hommes pour les faire résonner au sein de l’Eglise, une Eglise Peuple de Dieu constituée d’hommes et de femmes rassemblés par le Christ ? Ne serait-ce pas là le cœur de toute vocation franciscaine au sein de notre Eglise d’aujourd’hui?

Frère Daniel PainBlanc, capucin