Famille franciscaine de l'Est Francilien

> Culture

(Lire et sortir)

 

 

> Quand la fragilité change tout

Quand la fragilité change tout, Albin Michel, 2013 – 208 pages – 14€          

 

La communauté de l’Arche de Jean Vanier, l’Olivier, à Bruz près de Rennes, que j’accompagne m’a fait un merveilleux cadeau, le Jeudi-Saint. Elle m’a offert un petit livre à lire et relire, à méditer : « Quand la fragilité change tout ». Il s’agit d’une série de témoignages bouleversants qui disent l’importance de la vie pour tout être humain, quelque soit l’épreuve ou la difficulté rencontrée. Philippe Pozzo di Borgo parle de son histoire qui a provoqué le film « Intouchables » et l’énorme succès que l’on sait, « plus de 50 millions de spectateurs dans 60 pays.. ». Anne-Dauphine Juliand, confrontée, alors que tout allait si bien, à la maladie et au décès de sa fille : « Thaïs est morte à trois ans trois quarts » …
Pour les uns et les autres, la fragilité est toujours là. « La fragilité existe quoiqu’il arrive. Il ne s’agit pas de faire comme si elle n’existait pas, il s’agit de l’adopter, de la comprendre dans sa vie. » (p.52). Rencontrer, partager avec des personnes porteuses d’un handicap et celles qui les accompagnent au quotidien, renvoie à notre propre fragilité, à notre propre humanité. Il y a tant à découvrir de l’autre, et de soi-même, quand on parvient à s’en rendre proche. Bonne lecture.

Fr. Didier Brionne.

 





> Cinq Méditations sur la Beauté

François Cheng. Cinq Méditations sur la Beauté. Albin Michel. 161 pages. 13,20 €.



            Jeune enfant, François Cheng découvre la splendeur du mont Lu et le massacre de Nankin (1937) en même temps que les "deux mystères qui constituent les extrémités de l'univers vivant : d'un côté, le mal ; de l'autre, la beauté". Toute une longue vie plus tard, l'écrivain d'origine chinoise (qui n'a pas choisi le prénom François par hasard) livre ses méditations sur la beauté, à contre-courant de notre époque désinvolte.
Rencontrer le beau, c'est approcher le vrai et le bien. C'est par là que l'être tend à la plénitude de son éclat unique - définition même de la beauté - et se rend réceptif à l'échange avec l'Être.

"L'univers n'est pas obligé d'être beau, mais il est beau (…)". De même, les méditations de François Cheng n'étaient pas obligées d'être belles, mais elles le sont. Elles mêlent une intense et délicate sensorialité à une intellectualité raffinée et savante, jamais pédante ; au contraire, avec humilité, générosité et simplicité, elles ouvrent l'appétit aux splendeurs de la création - la nature, les corps, les arts - et disposent à la reconnaissance et à la célébration du sacré. Elles rendent visible et lisible un grand arc qui prend naissance dès les origines des pensées occidentale et chinoise et qui traverse notre ciel d'autant de couleurs éclairantes, harmonieuses et légitimes. Pour nous occidentaux, l'apport oriental est beaucoup plus qu'un enrichissement : c'est une révélation. Et une fois de plus, on pressent le dommage incommensurable de notre ignorance à l'égard de nos frères d'Asie, ici un peu réparée avec grâce et amour par François Cheng, maître et initiateur dans les deux cultures.

Jean Chavot


> Tokyo-Paris
Chefs d'œuvre du Bridgestone Museum of Art, Collection Ishibashi Foundation




Shojiro Ishibashi, fondateur de la firme internationale de pneumatiques Bridgestone, a initié à la fin des années vingt une collection de peinture pour laquelle il créa en 1952 un musée au deuxième étage du building Bridgestone, à Tokyo. Poursuivie par son fils et son petit-fils, elle réunit plus de deux mille six cents œuvres. La restructuration du musée qui s'achèvera en 2020 permet d'en faire voyager quelques-unes, parmi les plus marquantes.
Les expositions de ce type, comme celles, récentes, des collections Chtchoukine ou du Musée de Budapest, ont une double valeur ajoutée d'évènement et d'éducation : elles amènent jusqu'à nous des chefs-d'œuvre conservés dans des pays lointains et elles offrent en une seule visite un panorama riche et varié d'artistes, de courants et d'époques.

Shojiro Ishibashi a commencé à constituer sa collection autour de la peinture impressionniste européenne et celle des artistes japonais qu'elle avait influencés, après que la peinture japonaise eut elle-même "impressionné" les artistes occidentaux dans la deuxième moitié du XIXème siècle. Les toiles de grands artistes de la peinture Yogâ : Aoki, Sakamoto, Fujishima, y côtoient celles de Monet, Manet, Renoir, Pissarro, Sisley, Millet, Courbet ou Degas, rejointes plus tard par celles des post-impressionnistes : Cézanne, Gauguin, Van Gogh ou Gustave Moreau. La sculpture n'est pas oubliée, avec Rodin, Brancusi ou Zadkine, et la collection se diversifie encore dans la modernité avec l'apport d'œuvres de Picasso, Soutine, Rousseau, Matisse ou Modigliani, jusqu'à Mondrian, Klee, Dufy, Signac et l'Art Abstrait d'après-guerre de Pollock, Fautrier, Soulages associés à des peintres japonais ou chinois comme Domoto, Zao Wou-Ki, ou Shiraga.

Cette énumération donne une idée de la dimension et de la qualité de la collection du Musée Bridgestone (traduction du nom Ishibashi qui signifie "pont de pierre"). Mais seule la contemplation directe des chefs-d’œuvre exposés à l'Orangerie (jusqu'au 21 aout) permet de ressentir leur importance, leur beauté et pour certains leur extraordinaire puissance. C'est pourquoi s'y rendre en famille est une formidable occasion de partage et d'éducation, d'autant qu'avec le même ticket d'entrée qui reste relativement raisonnable (de 6,5 à 9 €) et gratuit pour les moins de vingt-cinq ans, on peut profiter de la magnifique collection permanente de Jean Walter et Paul Guillaume ainsi que celle des Nymphéas de Monet. Tout ça avec vue sur le jardin des Tuileries et la place de la Concorde !

Jean Chavot.

http://www.musee-orangerie.fr

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