Famille franciscaine de l'Est Francilien

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« Soyez bons et misérocdieux. Que personne ne vienne à vous sans repartir meilleur et plus joyeux. » Mère teresa.


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Chrétiens, levez-vous pour la résurrection !


            Depuis l'appel à "retrouver le sens du politique" des évêques de France en octobre 2016 et l'éditorial que nous y avons consacré en février dernier, la qualité du débat s'est encore considérablement dégradée. Inutile de décrire ici ce qui n'échappe à personne : les ambitions personnelles débridées, les perspectives absentes, les réponses inexistantes aux grands problèmes et enjeux de notre époque. Peu importe qu'on se sente des sympathies pour tel ou tel candidat, cette perte de sens du politique, accélérée sous nos yeux, ne se résoudra pas par l'élection de tel ou telle. Le mal est fait, il est profond et général.

Nous arrivons à un moment important de l’histoire de notre pays où, sans que se dessine encore une direction d'avenir, et même d'avenir immédiat, il semble que les choses ne puissent plus perdurer en l'état. L’idée européenne est éreintée, l’étranger est vilipendé, le pauvre est ignoré et comme l’écrivit le Pape Léon XIII en mai 1891, « la clameur est montée jusqu'aux oreilles du Dieu des armées». En ces temps incertains, inquiétants, propices aux opportunismes et aux mégalomanies, les chrétiens ont une parole importante à délivrer. Le hasard, pour ne pas dire l’Esprit saint, a œuvré pour faire coïncider la date des élections présidentielles avec Pâques. Les disciples du Christ sont portés à vivre plus sereinement et collectivement l’espérance de la résurrection. Être chrétien, ce n’est pas le proclamer, ce n’est pas en faire un objet de campagne, un argument propagandiste ; c’est le vivre en vérité dans l’humilité. Les actes demeurent, les paroles sont emportées par le vent.

Pâques est un moment propice à la méditation, à la relecture de nos vies. Nos responsables devraient se souvenir que le Christ a payé de sa vie humaine son souci des petits, son aspiration à changer la société dans laquelle il vivait. Pour les laissés pour compte de notre société de consommation et d’inégalités, les élections présidentielles pourraient être l’occasion de manifester dans les urnes leur dépit, leur souffrance, leur rage, et, alors que les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres, permettre une renaissance collective. Cela ne peut se faire que par une prise de conscience et un passage du « moi » égoïste, égocentrique, à un nous qui se soucie de toutes les couches de la société, particulièrement des plus petits, des plus pauvres parmi nous.

Le souverain pontife a confié une mission aux pauvres : celle de « prier pour les riches, les sages, ceux qui maintenant rient, ceux qui aiment être loués, les hypocrites, pour que le Seigneur change leur cœur ». À la suite de Saint François qui, il y a neuf siècles, abandonna richesses et honneurs pour vivre la pauvreté évangélique, il est venu le temps pour les chrétiens d’assumer leur responsabilité dans la société d’aujourd’hui, à la faveur de Pâques et en communion avec le Pape François, en contestant le pouvoir de l’argent, en rendant à chacun sa dignité. Il est venu le temps d’interpeller les politiques qui vivent entre eux, pour eux, dans un monde virtuel, noyés dans leur avidité, soucieux de leurs privilèges, infidèles à la parole donnée. Chrétiens, levez-vous pour la résurrection !

Joseph Banoub - Jean Chavot - Erik Lambert.

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