Famille franciscaine de l'Est Francilien

> Parcours biblique


Frère Joseph ofm

 



Le livre des "ACTES des APOTRES"


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Le séjour de Paul à Rome
28, 16 – 31 (fin)

Nous ne pouvons pas affirmer que le refus des juifs ouvre le christianisme au monde païen, ni non plus que la mission aux Gentils est la conséquence du refus des juifs. Un 3ème élément important est à faire intervenir, et sans lequel nous faussons le problème : c’est l’accomplissement des Écritures. Les deux faits ne s’expliquent pas l’un par l’autre comme cause à effet, mais l’un et l’autre à partir du dessein de Dieu manifesté par les prophètes.

Ce problème n’est pas abstrait. Il est celui d’une Église chrétienne composée en majeure partie de Gentils, mais qui n’en tient pas moins à se considérer comme l’héritière légitime des promesses faites par Dieu à Israël. C’est pour elle une question d’identité. Séparée de ceux qui sont devenus pour elle ‘les juifs’, de quel droit peut-elle se prétendre continuatrice d’une histoire du salut dont Israël l’avait été jusqu’ici bénéficiaire ?
La réponse devait nécessairement s’intéresser aux deux facettes du problème.
Pour ce qui concerne l’incrédulité des juifs, Luc en corrige les proportions : rien que pour Jérusalem, des milliers (2, 41 ; 4, 4) de juifs ont adhéré à la foi chrétienne. La prédication de Paul aux juifs de la diaspora et de Rome ne reste pas sans résultat.

L’argument prophétique joue aussi son rôle : pressentie par Moïse (Ac. 3, 23), annoncée par Habacuc (Ac. 13, 40-41) et par Isaïe (Ac. 28, 25-27), cette incrédulité prolonge dans le présent un endurcissement qui s’est manifesté tout au long de l’histoire : « Vous êtes comme vos pères » (Ac. 7, 51).

Pour ce qui concerne l’accession des Gentils au salut, Luc fait appel à une considération scripturaire qui est propre à sa théologie : le don du salut aux païens avait été annoncé comme partie intégrante de l’œuvre du Messie (Lc. 24, 47 ; Ac. 13, 47 ; 26, 23). L’entrée des Gentils dans l’histoire du salut devient ainsi un des signes permettant de reconnaître que Jésus est bien le Messie promis à Israël. Le ‘Salut de Dieu envoyé aux Gentils’ (Ac. 28, 28) est celui-là même dont Isaïe avait dit : « Toute chair verra le salut de Dieu » (Lc. 3, 6).
Nous sommes arrivés aux extrémités de la terre.

Fr. Joseph

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