Famille franciscaine de l'Est Francilien

> Parcours biblique


Frère Joseph ofm

 



Regardons maintenant le discours de Milet (20, 17-38), discours unique en son genre. Il se présente comme un testament pastoral et il est adressé aux responsables de l’église d’Éphèse. Il se développe en plusieurs spirales qui se recoupent à 3 niveaux.


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1. Une réflexion sur la pratique des églises

Paul procède à une analyse de sa pratique passée des églises et présente les orientations pour l’avenir. Nous avons là un cas remarquable du code analytique. Il va laisser l’église d’Éphèse se confronter aux multiples courants qui la sollicitent du dehors et du dedans, mais en exhortant les responsables.
Cette exhortation ne se trouve pas dans le NT avant les lettres tardives en 1Tm. En Tt et en 1P.
La charge désignée par le mot « επισκοπος » (gardien) n’apparaît qu’une fois dans les écrits pauliniens (Ph. 1, 1). Quant aux anciens, ils sont absents de la correspondance de Paul.

La métaphore du « troupeau » et du « pasteur » d’allure si évangélique, n’est utilisée qu’une seule fois par Paul dans 1Co. 9, 7 et pas pour énoncer la charge même, mais pour dire qu’il ne faut pas user du droit qu’a tout pasteur de se nourrir du lait de ses chèvres. Ce qui rejoint le discours d’Ac. 20.

L’expression « Eglise de Dieu » (20, 28) est unique dans les Actes des Apôtres. Même si elle est fréquente chez Paul, il n’en reste pas moins qu’elle met une note exceptionnelle dans le récit, d’autant plus qu’elle s’y trouve ici soulignée par une connotation sans parallèle, toujours en Actes : « acquise par son propre sang », métaphore surprenante si cette traduction veut référer ce ‘sang’ à Dieu comme le propose la TOB. Je crois, plutôt, à la suite de l’AT, que le ‘sang’ ici veut dire la personne vivante. Et donc, ce procédé de style veut désigner Jésus, Fils de Dieu. Quoi qu’il en soit, l’expression marque d’un nouveau trait original ce discours. Cette expression est à rapprocher aussi de Rm. 3, 24 et 8, 32.

Sur « les loups féroces » (v. 29) et « les enseignements pervers » (v. 30) qui s’introduisent du dehors et du dedans dans l’Église de Dieu, il est difficile de savoir à quoi Paul fait allusion. Est-ce que cela concerne les prophètes itinérants, juifs ou grecs, à l’allure de faiseurs de miracles et de magiciens ? Est-ce que cela concerne des ‘sages’ doués de pouvoirs et de science ? Faut-il penser à des courants enthousiastes de l’Esprit, où l’on cherchait le salut dans des paroles secrètes de Jésus ou de tel ou tel apôtre retenues par une tradition marginale et révélées par initiation particulière ?
Le logion du verset 35 « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir », logion inconnu des évangiles, remplace toutes les paroles ‘secrètes’ : c’est de celui-ci qu’il faut se souvenir.
Remarquons aussi que cette proclamation de bonheur, et c’est un cas unique dans le NT, porte sur l’acte du don et ne concerne pas une personne.

Fr. Joseph

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