Famille franciscaine de l'Est Francilien

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Les exigences de la prière (2ème partie)


Comment prier ?


Il nous faut apprendre à prier, tout en gardant la spontanéité, qui est l’une des qualités premières de la prière, parce que par elle nous exprimons le vrai de nous-mêmes.
Le meilleur moyen d’apprendre à prier est de regarder Jésus. Il demandait tout à son Père et lui confiait tout.

En premier, il nous faut entrer dans la prière de Jésus, qui est à la base de toute prière et de toute démarche d’intériorité : « Père, que ton règne arrive ». Non pas d’une façon négative, hors de moi, mais par moi et en moi. Que dit Jésus à Gethsémani : « Abba, tout t’est possible : éloigne de moi cette coupe ; cependant, pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! » (Mc. 14, 36).

Nous ne pouvons entrer dans la prière de Jésus que si la nôtre a ce ton. Ta volonté, Père, et non la mienne. Cela invite à une confiance et à une dépossession chères à saint François.
Là, nous touchons à l’originalité de la prière chrétienne en ce sens qu’elle est toujours participation à la prière du Christ. Nous n’inventons pas la prière. Elle nous précède. Elle existe en dehors de nous. Elle est la relation que le Christ ne cesse d’exprimer à son Père. Au cœur de la Trinité Sainte, le Fils est louange et action de grâces au Père de qui il reçoit tout. En devenant homme, il exprime dans son humanité cette relation au Père : c’est la prière de l’homme Jésus, qui est prière du Fils de Dieu.[…]
Le Fils de Dieu s’est fait homme pour mettre l’humanité en relation avec le Père. Il a prononcé un jour le nom de « Abba », c’est à dire « papa chéri », manifestant par là une relation d’intimité profonde avec le Père. Cet ‘Abba’ porte l’affirmation de sa mission et le cœur de son message.
En nous donnant le pouvoir de dire avec lui et en lui ce mot de ‘Abba’, il nous donne part à sa position de Fils. Et saint Paul affirme à 2 reprises que le cri de ‘Abba, Père’ est le signe de la filiation et de la possession de l’Esprit (Rm. 8, 15 ; Ga. 4, 6).

Ce rapport nouveau instaure une relation nouvelle entre Dieu et les hommes, celle de la divinisation.
Prier n’est donc pas une nécessité qui s’impose ; ce n’est pas un moyen pour être en règle avec la volonté de Dieu ou pour obtenir des grâces. Prier pour être pleinement nous-mêmes et exprimer ce que nous sommes, des êtres dans la grâce.


Frère Joseph BANOUB, OFM

Texte extrait de son intervention lors de la retraite régionale des fraternités franciscaines séculières de la région Créteil /St Denis/ Meaux, le 18 mars 2018.

 

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