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> Pourquoi une Journée Mondiale des Pauvres ?

 


Pour clore le Jubilé de la Miséricorde, et soulignant une fois de plus la prédilection de Jésus pour les pauvres, le pape François a voulu « offrir à l’Église la "Journée Mondiale des Pauvres", afin que dans le monde entier les communautés chrétiennes deviennent toujours davantage et mieux signe concret de la charité du Christ pour les derniers et pour ceux qui sont le plus dans le besoin. » (Message du Saint-Père pourla Journée Mondiale des Pauvres, 13 juin 2017) Désormais, cette journée sera célébrée dans l’Église chaque 33ème dimanche du Temps ordinaire.

Tout d’abord, reprenant les mots de l’apôtre Jean, le pape nous rappelle dans son Message qu’il ne s’agit pas d’aimer en paroles mais par des actes (1 Jn 3,18). L’amour ne souffre aucune excuse, aucun retard, si nous aimons Dieu, alors aimons aussi nos frères, et, puisque le Christ nous a tant aimés qu’il a donné sa vie pour nous, alors nous aussi nous devons donner notre vie pour nos frères (1 Jn 3,16) « Si quelqu’un, jouissant des biens de ce monde, voit son frère dans la nécessité et lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeurerait-il en lui ? » (1 Jn 3,17) Ainsi voit-on, dans les Actes des Apôtres, les premiers chrétiens vendre leurs biens et remettre aux apôtres le fruit de la vente pour qu’il soit distribué à chacun selon ses besoins : « La multitude des croyants n’avait qu’un cœur et qu’une âme. Nul ne disait sien ce qui lui appartenait, mais entre eux tout était commun. » (Ac 4,32. 34)

Le pape cite également l’apôtre Jacques, pour qui la foi n’est rien si elle ne s’accompagne pas d’actes concrets de charité : « Ainsi en est-il de la foi : si elle n’a pas les œuvres, elle est tout à fait morte. » (Jc 2,17)

Mais, s’il est important d’agir en faveur des plus démunis, des plus fragiles, de tous ceux qui ont à souffrir de l’injustice et de l’exclusion, l’action ne peut se suffire à elle-même. Nous sommes invités à une rencontre authentique avec les pauvres pour que notre partage devienne, non plus un acte posé occasionnellement, mais une forme de vie totalement accordée à l’Évangile. Rencontrer le pauvre, nous dit le pape,  c’est « toucher de la main la chair du Christ. Si nous voulons rencontrer réellement le Christ, il est nécessaire que nous touchions son corps dans le corps des pauvres couvert de plaies, comme réponse à la communion sacramentelle reçue dans l’Eucharistie. »  Car le Christ Roi est aussi le Pauvre, celui qui, bafoué, humilié, abandonné et cloué en croix, par amour pour nous, s’est identifié à chacun de ces pauvres. Vouloir marcher à la suite du Christ, ce n’est en aucun cas faire le choix de la misère, de l’exploitation et des inégalités de toutes sortes, ou encore pire chercher à les justifier : elles sont inacceptables et à combattre de toutes nos forces. Nous avons à construire une société plus juste et plus fraternelle.

Si le pape dit avoir voulu « offrir » à l’Église cette Journée c’est parce que les pauvres sont un don pour l’Église, en ce sens qu’ils ont pour nous le visage du Christ souffrant, par amour pour nous ; ils sont donc "chemin d’Évangile". Ainsi, le Christ que François d’Assise a voulu suivre et imiter n’est pas un Christ triomphant, mais bien le Pauvre, le Serviteur souffrant, au point, pour François, de recevoir dans son corps les marques de la Passion du Seigneur. 

Bien sûr, certains jugeront cette journée inutile ou inappropriée…regardons-la plutôt comme une "piqûre de rappel" qui pourra être le point de départ d’initiatives individuelles ou collectives.

« Ce sera une journée qui aidera les communautés et chaque baptisé à réfléchir sur la manière dont la pauvreté est au cœur de l’Évangile et sur le fait que, tant que Lazare git à la porte de notre maison (cf. Lc 16,19-21), il ne pourra y avoir de justice ni de paix sociale. » (Lettre Apostolique  Misericordia et misera, 20 novembre 2017) Une journée pour agir mais aussi une journée pour s’interroger sur ses propres pauvretés, une journée pour se décentrer de soi et s’ouvrir aux plus petits, pour leur tendre la main… « Bénies, par conséquent, les mains qui s’ouvrent pour accueillir les pauvres et pour les secourir : ce sont des mains qui apportent l’espérance. Bénies, les mains qui surmontent toutes les barrières de culture, de religion et de nationalité en versant l’huile de consolation sur les plaies de l’humanité. Bénies, les mains qui s’ouvrent sans rien demander en échange, sans ‘‘si’’, sans ‘‘mais’’ et sans ‘‘peut-être’’: ce sont des mains qui font descendre sur les frères la bénédiction de Dieu. » (Message du Saint-Père pourla Journée Mondiale des Pauvres) Le pape conclut ainsi son Message : « Les pauvres ne sont pas un problème : ils sont une ressource où il faut puiser pour accueillir et vivre l’essence de l’Évangile. »

Pascale Clamens

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