Famille franciscaine de l'Est Francilien

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> Que fêtons-nous le 15 août ?

 


L’Assomption de la Vierge Marie est pour les catholiques et les orthodoxes la plus grande des fêtes mariales. Cependant, les représentations que nous en avons sont, parfois, un peu confuses…

Dans le Nouveau Testament, nous ne trouvons aucune référence à la mort de Marie ; la dernière citation la concernant la présente assidue à la prière avec les Apôtres, à Jérusalem, juste après l’Ascension du Christ (Ac 1,14). Mais dès les premiers siècles, les Pères de l’Église ont affirmé avec conviction que le corps de Marie, celui-là même qui avait porté et enfanté le Sauveur, ne pouvait avoir connu la dégradation, et donc l’impureté, liée à toute mort (affirmation reprise dans la préface de la messe de l’Assomption : « Tu as préservé de la dégradation du tombeau le corps qui avait porté ton propre Fils et mis au monde l’auteur de la vie. »).

C’est au VIe siècle que l’empereur byzantin Maurice instaure cette fête mariale le 15 août, pour commémorer la consécration d’une église à la Vierge élevée au ciel ; en Orient, cette fête prend le nom de Dormition de la Mère de Dieu. Très vite, elle s’étend à l’Occident sous le nom d’Assomption. Orthodoxes et catholiques célèbrent alors la fin de la vie de la Vierge Marie de façon très proche, des différences vont apparaître cependant.

L’Église orthodoxe parle de Dormition en insistant sur la douceur de la mort de Marie. Dans la tradition, un ange lui annonce sa mort, sans trouble ni souffrance, mais comparable à un sommeil paisible et serein. Alors que Marie s’endort dans la mort, entourée des Apôtres, son âme quitte son corps pour être recueillie par le Christ lui-même (l’iconographie la représente dans les bras du Christ sous la forme d’un bébé ou d’une petite fille, en signe de pureté). Après sa mise au tombeau, Marie ressuscite et les anges la conduisent au Paradis où son corps et son âme sont réunis.
 
L’Église catholique ne parle pas de la mort de Marie, mais de son Assomption, qui vient du latin « assumere », signifiant « assumer », « enlever ». En effet, ce n’est pas Marie qui s’élève d’elle-même vers le ciel (comme pour l’Ascension du Christ), mais c’est Dieu qui choisit de l’enlever à la terre et de l’« assumer », corps et âme, pour qu’elle soit unie à son Fils au ciel, comme elle l’a été durant sa vie terrestre, sans attendre la résurrection promise à la fin des temps. En 1950, le pape Pie XII en fait un dogme de la foi « l'Immaculée Mère de Dieu, la Vierge Marie, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire céleste » (Constitution apostolique Munificentissimus Deus)
 
Par la suite, le concile Vatican II définit l’Assomption en ces  termes : « La Vierge immaculée, préservée de toute tache de la faute originelle, au terme de sa vie terrestre, fut élevée à la gloire du ciel en son âme et en son corps et elle fut exaltée par le Seigneur comme Reine de l'univers afin de ressembler plus parfaitement à son Fils, Seigneur des seigneurs et vainqueur du péché et de la mort. »  (Lumen Gentium, § 59)

Pour l’Église catholique, le dogme de l’Assomption est lié à celui de l’Immaculée conception : par une grâce et une faveur singulière de Dieu, Marie a été, dès sa conception, préservée intacte du péché originel, elle échappe donc à la mort, conséquence de ce péché.

L’orthodoxie a une vision différente de la conception de Marie : elle ne reconnait pas l’Immaculée conception et considère que Marie a été conçue avec le péché originel, mais, qu’avec l’aide de la grâce, elle s’est gardée pure de tout péché personnel durant sa vie. Sa condition humaine ne la préserve pas de la mort, mais pour la Mère de Dieu il s’agit d’un endormissement, suivi d’une résurrection qui ne saurait attendre le Retour de son Fils.

En conclusion, cette fête est pour nous une vraie source d’espérance car elle répond à nos interrogations sur la mort et nous invite à ne pas la craindre. Si Marie, Mère du Sauveur, a eu le privilège d’être « assumée » corps et âme dans la gloire de Dieu, bien avant la Résurrection finale où tous nous ressusciterons, en elle se réalise la promesse de notre union future au Christ. Tout être humain est appelé à vivre cette assomption, non pas à sa mort, mais au retour du Christ, au jour de la Résurrection où nous pourrons enfin participer à la gloire divine, ce pour quoi nous avons été désirés, créés et sauvés. A nous de suivre Celle qui nous précède en chemin et dont nous fêterons la nativité le 8 septembre, Celle que François a voulu comme patronne de son Ordre.

« François eut un amour de prédilection pour la Vierge Marie, l'humble servante du Seigneur, toujours disponible à sa parole et à ses appels ; il la voulut comme protectrice et avocate de sa famille. Les laïcs franciscains lui témoigneront un amour fervent en imitant sa disponibilité totale, et par une prière confiante et attentive. » (Projet de Vie, 9)

Pascale Clamens

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