Famille franciscaine de l'Est Francilien

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« Que ta volonté soit faite »… Mais quelle est cette volonté ?



Durant toute son existence terrestre, Jésus n’a jamais exprimé de volonté propre, indépendante de celle de Dieu, car il est venu pour réaliser la volonté du Père, dans une obéissance qui le conduira jusqu’à la mort, et la mort sur la croix. Cette attitude peut nous interroger, et pourtant il n’y a aucune résignation ou simple acceptation chez le Christ. Il ne cesse de l’affirmer : « je ne cherche pas ma propre volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jn 5,30) et c’est son bon plaisir d’obéir au Père : « Je fais toujours ce qui lui plaît » (Jn 8,29) Pourquoi ? Parce que, dit-il, « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre. » (Jn 4,34) C’est donc pour lui une nécessité vitale et une joie que d’obéir à la volonté de Dieu, que d’accorder totalement sa volonté à celle du Père.

Cette obéissance parfaite du Christ culmine au moment de la Passion. Jésus, à Gethsémani, « commença à ressentir tristesse et angoisse », comme tout homme sentant sa mort prochaine ; puis, il tomba face contre terre et pria : «Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Pourtant, non pas comme je veux, mais comme tu veux ! » Une deuxième fois, il pria en disant « Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! » Une troisième fois, il pria en répétant ces mêmes mots. (Mt 26,36-46) A cet instant, Jésus ne se soumet pas passivement à un dictat de Dieu, mais il décide librement d’accomplir jusqu’au bout la volonté du Père, comme il l’a toujours fait, au ciel et sur la terre. Il se met entièrement au service de cette volonté, de ce dessein du Père, à savoir le salut de l’homme : « Je suis descendu du ciel pour faire, non pas ma propre volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. Or la volonté de celui qui m’a envoyé, c’est que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour. » (Jn 6, 38-39) Salut de l’homme, pour que ce dernier puisse participer pleinement à cette relation d’amour qui unit le Père, le Fils et l’Esprit, et qui est ce pour quoi il a été créé. La volonté du Père est donc que nous vivions de et dans son amour.
Thérèse d’Avila écrit dans Le château intérieur : « Le Seigneur ne demande que deux choses : l'amour de Dieu et l'amour du prochain. »

De la même façon, François d’Assise commente ainsi ce verset : « Que ta volonté soit faite sur la Terre comme au ciel : Que nous t’aimions : de tout notre cœur en pensant toujours à toi ; de toute notre âme en te désirant toujours ; de tout notre esprit en dirigeant vers toi tous nos élans et ne poursuivant toujours que ta seule gloire ; de toutes nos forces en dépensant toutes nos énergies et tous les sens de notre âme et de notre corps au service de ton amour et de rien d’autre. Que nous aimions nos proches comme nous-mêmes : en les attirant tous à ton amour selon notre pouvoir en partageant leur bonheur comme s’il était le nôtre, en les aidant à supporter leurs malheurs, en ne leur faisant nulle offense. » (Pat 5)  

Ses biographes nous rapportent qu’il brûla toute sa vie du désir de connaître et d’accomplir la volonté de Dieu : « de sa volonté la mienne reste toujours inséparable, et je ne désire qu’une chose : lui obéir en tout point. » (1C 107) ; « dans l’accomplissement de ta sainte volonté, je ruisselle de joie ! » (LM 14,2) ; « Du jour de sa conversion jusqu’à celui de sa mort, le bienheureux François fut toujours soucieux, bien-portant ou malade, de connaître et d’accomplir la volonté du Seigneur. » (LP 100)  C’est pourquoi lorsqu’il lui faut accueillir « notre sœur la Mort corporelle » il peut  affirmer : « Heureux ceux qu’elle surprendra faisant ta volonté, car la seconde mort ne pourra leur nuire.» (Cantique de Frère Soleil)

Que nous apprend François pour que nous puissions dire en vérité « Que ta volonté soit faite » ? Qu’il nous faut renoncer à notre volonté propre, nos attachements égoïstes, nos désirs de possession ou de domination : ils nous éloignent de l’amour de Dieu et du prochain. Qu’il nous faut apprendre à discerner la volonté du Père pour la faire nôtre (par la prière, par la fréquentation de la Parole, par le recours à des conseillers). Qu’il nous faut laisser agir en nous l’Esprit pour que nous puissions, nous aussi, nous mettre au service du dessein du Père, de tout notre cœur, de toute notre âme, de tout notre esprit et de toutes nos forces. Que le renouvellement de notre jugement nous transforme et nous fasse discerner « quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait. » (Rm 12,2) Et ce qui nous semblait horrible et amer pourra alors se changer en une grande douceur…
«  La volonté de Dieu, c’est ce que le Christ a fait et enseigné…garder la paix avec les frères, chérir le Seigneur de tout son cœur, aimer en lui le Père, et craindre Dieu, ne préférer absolument rien au Christ, car lui-même n’a rien préféré à nous ; s’attacher inébranlablement à son amour…c’est cela, accomplir la volonté du Père » (St Cyprien)

Pascale Clamens

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