Famille franciscaine de l'Est Francilien

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> Pourquoi avoir peur… Qui pourra nous séparer de l’amour de Dieu ?

 


Nous rencontrons tous au quotidien des situations qui peuvent nous heurter, nous blesser ou encore nous angoisser. Comment y faire face tout en conservant la paix de l’esprit ? Voilà bien une question qui est au cœur de notre vie et de notre foi…
« Que la paix du Christ règne dans vos cœurs » écrit Paulen nous appelant à nous dépouiller du vieil homme et de ses pratiques pour revêtir l’homme nouveau qui, à l’image de son créateur, est animé de « sentiments de compassion, de bienveillance, d’humilité, de douceur, de patience ». « Et par-dessus tout, revêtez l’amour ». (Col 3, 9-15) L’homme nouveau est celui qui se laisse guider par l’Esprit ; et la paix est le fruit de l’Esprit, comme l’amour, … (Gal 5, 22-23) La paix-fruit de l’Esprit c’est la paix du cœur qui conduit à se libérer de toute pensée, de tout pouvoir, de tout désir personnel pour faire place à Dieu et à lui seul.  

Ce n’est pas seulement se conformer à la volonté de Dieu, car il y a là encore une forme de choix et de maîtrise qui nous appartiennent, mais c’est bien plus : c’est cette attitude intérieure qui consiste à renoncer à soi pour s’abandonner totalement au seul vouloir du Père.
Cette attitude s’appuie sur la confiance et le renoncement à sa volonté propre. Jésus, lui-même, nous invite à la confiance lorsqu’il nous explique que nous n’avons pas à nous inquiéter du lendemain : notre Père, qui nourrit les oiseaux du ciel et habille les lis des champs, sait parfaitement de quoi nous avons besoin (Mt 6, 25-34). Dès lors que la confiance en Dieu est devenue notre roc, on ne peut que s’en remettre à la volonté divine et se laisser guider par elle. Dans la tradition de l’Eglise, les exemples ne manquent pas et sont autant de modèles à méditer et à suivre, quand bien même ils nous semblent inaccessibles…

Ainsi, St Jean Chrysostome : « Est-ce à ma propre force que je fais confiance ? Je possède Sa parole : voilà mon appui, voilà ma sécurité, voilà mon havre de paix. Que l’univers se soulève, je possède cette parole, j’en lis le texte : voilà mon rempart, voilà ma sécurité. Quel texte ? "Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps." Le Christ est avec moi : que vais-je craindre ? » Ou encore Charles de Foucauld : « Mon Père, je m’abandonne à toi ! Fais de moi ce qu’il te plaira. Quoi que tu fasses de moi, je te remercie, j’accepte tout, je suis prêt à tout. Pourvu que ta volonté se fasse en moi, et en toutes tes créatures, je ne désire rien d’autre mon Dieu. Je remets mon âme entre tes mains, je te la donne mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur, parce que je t’aime, et que ce m’est un besoin d’amour de me donner, de me remettre entre tes mains sans mesure, avec une infinie confiance, car tu es mon Père. » Mais aussi ces paroles émouvantes du théologien allemand Dietrich Bonhoeffer, peu de temps avant son exécution par les nazis : « Merveilleusement à l’abri de la bonne puissance divine, nous attendons, en toute confiance, ce que l’avenir nous apportera. Dieu sera avec nous du matin au soir et sans doute chaque jour à venir. »

Ce long cheminement qui conduit à la désappropriation, François d’Assise, lui aussi, l’a vécu tout au long de son itinéraire spirituel. Il lui a fallu, ainsi, accepter que l’Ordre lui échappe, c'est-à-dire accepter d’abord que l’Ordre n’était pas sien et que son avenir n’était pas entre ses mains mais entre celles de Dieu, accueillir ensuite ce que l’Ordre deviendrait dans une confiance absolue ; c’est alors qu’il a retrouvé la paix de l’âme. Dans "Sagesse d’un pauvre", Eloi Leclerc lui prête ces mots : « Nous voulons toujours ajouter une coudée à notre taille […] Jusqu’au jour où, nous heurtant à l’échec, à un échec profond, il ne nous reste que cette seule réalité démesurée : Dieu est […] L’homme qui accepte cette réalité et qui s’en réjouit à fond a trouvé la paix. Dieu est, et c’est assez. » C’est encore avec la même confiance, le même abandon à la volonté du Père, qu’il peut accueillir sereinement la maladie et la mort, dans un chant de louange : « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux qui pardonnent par amour pour toi ; qui supportent épreuves et maladies ; heureux s’ils conservent la paix, car par toi, le Très-Haut, ils seront couronnés. Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre sœur la Mort corporelle, à qui nul homme vivant ne peut échapper. Malheur à ceux qui meurent en péché mortel ; heureux ceux qu’elle surprendra faisant ta volonté, car la seconde mort ne pourra leur nuire. » (Cantique des Créatures)

Avec François, avec Paul, ayons cette foi : « Ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur. » (Rm 8, 38-39) Alors, la paix du Christ règnera dans nos cœurs.

Pascale Clamens

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