Famille franciscaine de l'Est Francilien

> Projet de vie







« Quel regard poser sur le monde d’aujourd’hui ? »


Si l’on veut s’informer sur la bonne marche de notre terre, qu’observe-t-on en tout 1er lieu ? Catastrophes en tous genres, actes de violence, chômage et pauvreté grandissante, exclusion des plus faibles, puissants qui se croient au-dessus des lois…Le constat a de quoi en désespérer plus d’un. Certes, la soif de pouvoir et de domination ne date pas d’aujourd’hui. Mais, en quelques décennies, notre société a connu une telle  évolution que nous avons le sentiment de ne plus rien maîtriser. Notre  monde semble habité par un mal qui nous dépasse et qui peut obscurcir notre jugement. N’y a-t-il pas urgence, alors, à retrouver un regard positif sur ce monde ?

Tournons-nous vers le Livre de la Genèse : lorsque Dieu créa le monde, au soir du 6ème jour il contempla tout ce qu’il avait fait et vit que « cela était très bon ». (Gn. 1,31) Comment croire alors que le monde, fruit de l’amour créateur du Père, puisse être mauvais ? Ce n’est pas non plus un être maléfique que Dieu établit sur les œuvres de ses mains, mais c’est le sommet de sa Création : l’homme, qu’il crée à son image et à sa ressemblance. Il lui confie le soin de veiller sur la terre, non pas comme sa propriété car il n’en est pas le maître, mais comme un bien en gérance. Il l’associe à son projet créateur et lui donne pour mission de mener l’ensemble de la Création, encore en devenir, vers son achèvement. Il lui laisse même toute liberté pour gouverner la terre : « Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la ».(Gn 1,28) Mais l’homme n’est pas Dieu, il est créé et créé à sa ressemblance, c’est donc un être imparfait qui ne sait pas toujours user de sa liberté et peut en abuser, au détriment de la Création. Le pape François nous le rappelle dans son encyclique « Loué sois-tu » : « Nous n’avons jamais autant maltraité ni fait de mal à notre maison commune qu’en ces deux derniers siècles. Mais nous sommes appelés à être les instruments de Dieu le Père pour que notre planète soit ce qu’il a rêvé en la créant, et pour qu’elle réponde à son projet de paix, de beauté et de plénitude. »

Considérer le monde de manière positive (ce qui n’exclut pas la lucidité) : ne pas le condamner, ne pas le rejeter, mais le regarder avec bienveillance, d’abord parce que c’est le monde créé et aimé par Dieu : « Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. » (Jn 3,16) Voilà qui rejoint en tout point la spiritualité franciscaine. En effet, François a pour chaque créature, la plus petite soit-elle, non seulement un regard bienveillant, mais plus encore, un regard fraternel : aucune n’est insignifiante car chacune, selon sa nature, s’inscrit dans un même projet d’amour du Père pour ce monde. « A force de remonter à l’Origine première de toutes choses, il avait conçu pour elles toutes, une amitié débordante et appelait frères et sœurs les créatures même les plus petites, car il savait qu’elles et lui procédaient du même et unique principe. » (Legenda Major 8,6)
Dès lors que chaque créature est reconnue comme un frère ou une sœur, il ne peut plus y avoir convoitise ou désir de domination. François a choisi de se déposséder de tout bien matériel comme de toute volonté d’emprise sur l’autre, reconnaissant que tout procède de la bonté du Père et lui revient : « François a renoncé à posséder le monde, à le ramener à soi. Et par là-même, il s’est ouvert à l’Amour du Créateur pour son œuvre ; il est entré lui-même dans le jeu de l’Amour créateur. Alors, le monde est devenu pour lui la réalité splendide au sein de laquelle l’homme est appelé, non seulement à vivre, mais aussi à participer à la création. » (Eloi Leclerc, Un maître à prier, François d’Assise) François se situe humblement parmi les autres créatures et fraternise avec elles car chacune lui révèle la beauté et la bonté de son Seigneur, faisant monter en lui un chant de louanges.

Fraternité, désappropriation, louange sont des traits de la spiritualité franciscaine qui peuvent nous aider à aborder le monde de manière positive, comme nous y engage notre Projet de Vie : « Les laïcs franciscains accueilleront d’un cœur humble et courtois tout homme comme un don du Seigneur et une image du Christ » (PdV 13), « Qu’ils respectent aussi les autres créatures, animées et inanimées, car "elles portent signification du Dieu Très-Haut", qu’ils cherchent à passer de la tentation d’en abuser à une conception franciscaine de Fraternité qui s’étend à tout l’univers. » (PdV 18)
A l’exemple de François, ayons sur ce monde un regard optimiste et confiant et sachons le partager. Comme François, soyons bienveillants et, plus que cela, aimons ce monde car, s’il est blessé, il demeure, malgré tout, porteur de la bonté de notre Père et Créateur.
« La Bonté qui est à la source de toutes choses et qui sera un jour tout entière en toutes choses, dès cette vie déjà apparaissait aux yeux du saint, tout entière en toutes choses. » (Vita Secunda, 165)

Pascale Clamens

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