Famille franciscaine de l'Est Francilien
> La Vie en questions


Se poser des questions sur le sens de notre vie, sur nos choix, sur nos vrais désirs et sur les conséquences de nos actes, cela n’a rien de confortable et nous cherchons souvent à l’éviter en nous laissant porter par le quotidien et la force des habitudes. Et pourtant notre liberté ne se joue-t-elle pas dans cette distance que nous pouvons prendre avec tout ce qui nous détermine quand nous prenons le temps de nous interroger en profondeur ?

Nous en faisons l’expérience lorsque les circonstances de la vie, l’épreuve ou l’imprévu, nous obligent à nous confronter à nos incertitudes, à nos doutes et aux enjeux de nos choix.
La foi ne nous délivre pas de cette épreuve de la liberté. St Jean Baptiste, le précurseur, lui qui le premier a rendu témoignage 
au Christ, a vu en prison toutes ses certitudes ébranlées au point d’envoyer ses disciples interroger Jésus pour lui :
« Es-tu celui qui doit venir ou devons – nous en attendre un autre ? (Mat, 11,3) »

La Bible est pleine de questions. Elle ne les évite pas, elle les affronte et c’est pourquoi elle peut nous accompagner dans nos pires obscurités, lorsque nous ne savons plus que croire ni que faire. Jésus ne cesse d’interroger ses interlocuteurs et de les renvoyer à leur propre réflexion et à leur liberté: « Pour vous, qui suis-je ? (Luc, 9,20) » ou « Que veux-tu que je fasse pour toi ? (Luc, 18, 41)».

Il les pousse dans leurs retranchements et ne répond jamais à leur place. Mais Il ne les laisse pas seuls. Celui qui accepte cette déstabilisation Le trouvera sur son chemin s’il se tourne vers Lui dans un dialogue de liberté à liberté.

N’est ce pas cela la respiration de Dieu dans notre vie, un chemin cherché librement dans la prière à la lumière de la Parole, dans l’acceptation de notre finitude et la confiance en l’Esprit ?


> Nos fragilités : des semences d’avenir !

Nos fragilités sont comme des semences d'avenir ;
Aucune utilité à l'état brut
Mais promesse de vie nouvelle
Quand elles acceptent de traverser les entrailles de la terre.

Comme le grain qui disparaît de la surface,
Comme le grain enfoncé dans la terre,
Nos fragilités nous enfoncent dans l'abîme.
Comme le grain qui se désintègre dans les entailles de la terre,
Nos fragilités nous désintègrent dans les profondeurs de nous-mêmes.

Qui pourrait croire alors
Que tout cet anéantissement couve un printemps ?
Qui pourrait croire à l'heure où on ne voit
Que la terre remuée, secouée, presque violentée,
Que la vie se fraie un chemin dans son sein ?
Qui pourrait croire en la vie quand on ne voit que la mort ?

Toi, Seigneur, tu y crois,
Tu arroses la terre avec la pluie de printemps,
Tu la caresses chaque matin, du soleil levant,
Tu la berces chaque soir d'une brise légère,
Tu y crois Seigneur et tu accompagnes sa poussée.

Apprends-nous à croire contre toute évidence,
Et à vivre la perte, l’enfoncement et la désintégration,
Comme promesse d’engendrement.

Apprends-nous à espérer contre toute espérance
Et à traverser nos fragilités
Comme le grain qui traverse les entrailles de la terre.
Apprends-nous à attendre contre toute impatience
Et à voir dans nos faiblesses et nos limites
Les germes d’un nouveau possible.

Elena Lasida

*Retrouvez les anciennes prières dans la rubrique > Archives



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