Nicolas IV

Pape Nicolas IV

Comment la mémoire populaire imagine-t-elle le Moyen-Âge ? À l’aune du film Les Visiteurs, au fil de productions romanesques ou de poncifs véhiculés par de vagues souvenirs d’école bercés par le roman national : guerres, famines et épidémies étaient le lot de nos ancêtres médiévaux. Malgré le court mais brillant essai produit par Régine Pernoud[1], on oublie que du XIème au XIIIème siècle, s’étendit le     manteau des cathédrales[2] manifestation du « beau Moyen-Âge ». De l’An Mil, qui fut celui de la naissance de nombre d’États actuels, au début de la guerre de cent ans la chrétienté occidentale fut le théâtre de puissantes transformations économiques, intellectuelles, artistiques et politiques dont notre « civilisation » fut le fruit. Au XIIIe siècle, la société européenne occidentale entra en profonde mutation. L’essor démographique qu’elle connut s’accompagna de deux changements fondamentaux : le développement des cités et l’extension des surfaces cultivées. Cette période fut souvent perçue comme une ère de progrès et de relative prospérité. Du reste, l’histoire des constructeurs et le développement des cathédrales gothiques furent liés à l’essor des villes dans le monde chrétien ainsi qu’à l’expansion des ordres monastiques que connut l’Europe dès la fin du premier millénaire.Elle s’exprima dans l’art gothique qui se répandit, dans la floraison des cathédrales qui modelèrent un nouveau paysage urbain, mais aussi dans l’émulation intellectuelle des grandes cités. Ce bouillonnement intellectuel du XIII°siècle trouva son expression dans la disputatio,[3] sorte de joute théorique. Cette spectaculaire évolution se manifesta par le développement des échanges économiques, la réduction du nombre des disettes, les progrès techniques. Or, l’un des acteurs essentiels de ces transformations fut l’Église catholique, dont le chef spirituel était le pape. Elle était d’autant plus respectée que la population communiait dans une foi profonde et sincère, quoique entachée de violences et de superstitions. Au cœur du message chrétien, au Moyen Âge, nos ancêtres nourrissaient l’espoir d’être sauvés et l’angoisse d’être condamnés lors du Jugement Dernier. Les morts seraient alors jugés par Dieu selon leur foi et leurs œuvres: les bons iraient au paradis, les méchants en enfer. Entre les deux, l’Église médiévale développa l’idée du purgatoire, un lieu où l’on « purgerait » les fautes avant le paradis. C’est pour les hommes imparfaits l’espoir d’être sauvés après un temps plus ou moins long de pénitence. 

Toutefois, comme l’écrivit Georges Duby[4], « L’époque, en fait, fut dure, tendue, et fort sauvage« . Les conflits entre les différentes classes de la société furent fréquents. L’insécurité et la crainte résignée du lendemain étaient symbolisées par la roue de Fortune[5], que l’on trouvait souvent représentée dans les églises et dans les manuscrits.

C’est en ces temps de chambardements que le pape Honorius IV[6] mourut le 3 avril 1287. Les cardinaux se réunirent en conclave très rapidement mais leur assemblée fut frappée par l’épidémie qui conduisit six cardinaux à se présenter devant leur créateur ; funeste présage !  Après dix mois, le 22 février 1288, les survivants élurent comme pape, à l’unanimité, le cardinal-évêque de Palestrina[7]. Théologien et ministre général des Franciscains, Jérôme d’Ascoli avait été promu cardinal par Grégoire IX[8] qui l’avait envoyé comme légat[9] à Constantinople en 1272 pour travailler à l’unité des Églises en invitant les Grecs à participer au second concile de Lyon. 

Peu après son intronisation, le premier pape franciscain nomma comme cardinaux deux Colonna[10], Napoléon et Pierre, et le ministre général des franciscains, le théologien Mathieu d’Aquasparta. Cette connivence avec la famille des Colonna qui avait déjà fourni deux papes : Jean XII et Benoît IX[11] fut à l’origine de tensions voire de troubles à Rome. 

Par ailleurs, le 28 mai 1291, en Palestine, les 200 000 hommes du sultan El Achraf Khalil réduisirent les défenses de Saint-Jean d’Acre, malgré la résistance des Templiers groupés autour du grand maître Guillaume de Beaujeu. Saint-Jean d’Acre était l’ultime bastion de ce qui fut le royaume franc d’Orient. Sa chute mit un point final à l’épopée des croisades presque deux siècles après la prédication du pape Urbain II. Nicolas IV tenta en vain d’organiser une nouvelle croisade en fusionnant Templiers et Chevaliers de Saint-Jean. 

Sourcilleux quant à ses pouvoirs temporels, il employa sa diplomatie à obtenir du roi Alphonse d’Aragon[12] la libération du roi Charles II de Naples qu’il retenait prisonnier. Charles se rendit aussitôt à Rome, où il fut couronné solennellement le 19 mai 1289. 

Soucieux des missions en Orient, Nicolas IV envoya en 1288 en Tartarie[13] le franciscain Jean de Montecorvino, qui remplit une ambassade auprès du roi de Perse, puis, en 1291, rejoignit l’Inde et parvint jusqu’à la cour du grand khan[14] des Tartares, auprès duquel il demeura onze ans. En Europe, il fonda les universités de Montpellier[15] et Lisbonne.Nicolas IV mourut le 4 avril 1292, après seulement quatre ans de pontificat, et fut inhumé dans la basilique Sainte-Marie-Majeure, qu’il avait restaurée. 

Érik Lambert


[1] Régine Pernoud, médiéviste qui publia en 1977, un livre décapant, Pour en finir avec le Moyen-Âge dans lequel mille ans d’histoire resurgissent. Le Moyen Âge est mort, vive le Moyen Âge !
[2] Expression que l’on doit à Raoul Glaber (985 – 1047), moine clunisien et chroniqueur du roi Robert le Pieux, témoignant au début de l’an mil du phénomène de reconstruction des églises, et de l’érection des cathédrales avec la formule désormais célèbre du « blanc manteau d’églises » qui recouvre le monde.
[3] Il s’agissait d’un débat, un mode de réflexion argumentative qui a progressivement supplanté la pédagogie monastique vouée à la seule lectio. La disputatio de quolibet (débat en règle sur tout sujet) est la forme la plus solennelle que revêt la disputatio dans l’Université médiévale. Le genre est illustré par les plus grands noms de la scolastique comme Thomas d’Aquin ou le franciscain Guillaume d’Ockham.
[4] Historien médiéviste membre de l’Académie française et professeur au Collège de France qui est un des rares historiens à voir son œuvre publiée dans la « Bibliothèque de la Pléiade ». 
[5] Les Grecs avaient fait de la Fortune (fille de Zeus) une divinité qui dispensait bien et mal selon ses caprices. Les Romains l’adorèrent dans de nombreux temples sous le nom de Fortuna, puis l’on représenta la Fortune sous les traits agréables d’une jeune femme ailée, parfois nue, souvent les yeux bandés, le pied posé sur une roue, ayant à la main une corne d’abondance. La roue tourne : qui aspire à devenir riche doit prendre garde. La Fortune, aux yeux bandés, ne sait à qui elle distribue. Le mouvement de la roue est continuel et toujours, les hommes seront sensibles aux charmes de la déesse Fortune : on est au plus haut ou au plus bas de la roue ; tel est le symbole de la vie humaine.  Au sens figuré, la roue de la fortune représente les révolutions, les hasards et les vicissitudes dans la vie des hommes : la roue tourne et ne s’arrête jamais.
[6] Pape de 1285 à 1287. Il s’est opposé aux prétentions espagnoles en Sicile. 
[7] Ville importante du Latium déjà du temps des Romains. 
[8] Devenu pape en 1227 il joua un grand rôle, avant son accession au souverain pontificat, dans la formation de l’ordre des Frères mineurs (Franciscains). Il fut l’ami de François d’Assise, pour lequel il éprouvait une très vive admiration et dont il suivit les entreprises en se faisant nommer cardinal protecteur de l’ordre. Il dirigea celui-ci vers des entreprises d’action et vers une règle de vie qui ne correspondaient peut-être pas à l’idéal du Poverello. Son œuvre principale, fut l’organisation de l’Inquisition érigée en office universel afin de lutter contre l’hérésie.
[9] Le légat a latere est un cardinal représentant, dans des circonstances exceptionnelles, le pape en personne, et il a droit aux mêmes égards que ce dernier.
[10] Au Moyen Âge et à la Renaissance, la péninsule italienne était constituée de multiples États voire de villes-États dominés par de puissantes familles.  À l’instar des autres familles nobles d’Italie, les Colonna, puissant lignage romain apparu à la fin du XIe siècle, recourent à la violence afin de s’imposer sur la scène politique. Rome s’embrase souvent de leur fait comme, par exemple, en 1455, au lendemain de l’élection pontificale de l’oncle de Rodrigo Borgia, sous le nom de Calixte III. Les Colonna affrontent alors dans les rues leurs ennemis héréditaires, les Orsini. Partisans de longue date des Borgia, les Colonna mettent leurs armes à leur service, que ce soit sous Calixte III ou sous Alexandre VI, contre leurs adversaires, en particulier les della Rovere. 
[11] Puis Martin V au XV°siècle.
[12] Le traité de Tarascon signé le 19 février 1291 par le pape Nicolas IV, le roi Charles II de Naples (maison d’Anjou) et le roi Alphonse III d’Aragon. Suite au conflit opposant la papauté, alliée à la maison d’Anjou, et la maison d’Aragon pour la possession du royaume de Sicile. Ce conflit ouvert par les Vêpres siciliennes de 1282 est aggravé par la croisade d’Aragon de 1285. Le roi de France Philippe le Bel et Nicolas IV, soutiens de Charles 1er de Sicile, voulurent chasser le roi Jacques 1er de Sicile. Pour y parvenir, ils engagèrent des négociations avec son frère aîné le roi Alphonse III d’Aragon qui aboutirent à la signature du traité de Tarascon.
[13] Nom donné par les Européens au Moyen-Âge à la partie de l’Asie centrale et septentrionale s’étendant de la Mer Caspienne et de l’Oural à l’Océan Pacifique.  
[14] Titre porté par celui qui exerce un pouvoir politique, religieux dans le monde mongol ou soumis à l’influence mongole (Turquie, Perse, sous-continent Indien)
[15] Héritière de la Faculté de médecine créée en 1289, l’Université de Montpellier a été l’une des premières à paraître en Occident.

La foi, un tout petit mot, un sujet inépuisable.

En relisant mon parcours, j’ai découvert que ma vie de foi se divisait en deux périodes très distinctes. Il y a eu un avant et un après.
Un avant semblable à celui de beaucoup de chrétiens. Née dans une famille croyante et pratiquante j’ai suivi une route qui, au départ, s’est imposée à moi mais qui me plaisait : école religieuse, scoutisme, retraites spirituelles, engagements sur ma paroisse,… Je me suis mariée et ma foi a commencé à évoluer : plus d’engagements, des formations, un mari devenu diacre. C’était toujours la même certitude, Dieu existe mais il restait tout de même très lointain et inaccessible.
Et puis un après. Lionel se tue à moto et tout bascule. Je me retrouve seule avec ma douleur. Tout s’écroule, je me sens vide, bancale, inutile. Seul l’amour de mes enfants et leur propre souffrance me forcent à tenir debout. Certes il y a aussi la présence des amis mais il me manque quelque chose.
Alors commence un long chemin de reconstruction et peu à peu je prends conscience que ce vide intérieur qui m’a envahie est habité. Je me mets à l’écoute, je sonde mon cœur et je sens enfin que le Seigneur est là, blotti au plus profond de moi. Il m’attend. Je me laisse apprivoiser, je suis en confiance, je m’ouvre librement et peu à peu je m’apaise. Il est la réponse à ce manque, à cette absence que je n’arrivais pas à définir. Il devient mon compagnon de route.
Avec le temps, je suis moins active mais ma foi s’est fortifiée. Elle est devenue plus personnelle, plus intime. Elle s’est incarnée.

La foi, un tout petit mot dont les racines s’étendent à l’infini, un tout petit mot débordant d’espérance et de charité.

Marianick

« Artisans de paix au quotidien »

« La haine, les rancœurs, les disputes familiales, le mépris, les brusqueries, l’omission, sont des armes contre la paix. Tout comme nous pouvons être marchands de ces armes, nous pouvons travailler à les éliminer. »(1)
Lequel d’entre nous n’a pas vécu des tensions dans sa famille, dans son couple, dans son milieu professionnel, et même dans sa fraternité ? Ce sont autant de situations d’incompréhension ou d’injustice qui laissent parfois un goût amer et peuvent être porteuses, au fil du temps, de germes de discorde, beaucoup plus profonds et sournois qu’il n’y parait.
« Il y en a beaucoup qui sont férus de prières et d’offices, et qui infligent à leur corps de fréquentes mortifications et abstinences. Mais pour un mot qui leur semble un affront ou une injustice envers leur cher moi, ou bien pour tel ou tel objet qu’on leur enlève, les voilà aussitôt qui se scandalisent et perdent la paix de l’âme. » (Admonition 14)
A une remarque qui nous semble injustifiée, notre première réaction n’est-elle pas de répondre immédiatement ? Et pour peu que nous ayons le sens de la répartie, cette réponse se fera cinglante et parfois cruelle… Mais qu’avons-nous à y gagner ? La satisfaction d’avoir mouché l’autre, certes, mais cette consolation ou cette petite victoire, nous le savons, sont bien éphémères. Par contre, la relation à l’autre s’en trouvera blessée, et parfois durablement.
Si nous ne pouvons agir directement sur les conflits internationaux, c’est dans le quotidien de nos existences que nous pouvons être véritablement des artisans de paix. Cela suppose d’être soi-même pacifié, de se laisser habiter par une paix qui n’est pas la nôtre mais qui est don de Dieu. Comme l’écrit François : « gardons-nous de tout orgueil et de toute vaine gloire. Gardons-nous de la sagesse de ce monde et de la prudence égoïste…Celui qui est docile à l’esprit du Seigneur…s’applique à l’humilité et à la patience, à la pure simplicité et à la paix véritable de l’esprit » (1 Reg 17) ou encore : « Où règnent patience et humilité, il n’y a ni colère, ni trouble. » (Adm 27,2)
C’est une conversion de chaque jour qui nous attend : apprendre à faire le silence en soi pour mieux se mettre à l’écoute de l’autre, apprendre à entrer en dialogue et non en concurrence, apprendre à recevoir les remarques ou les objections sans en éprouver du ressentiment, accepter de ne pas avoir le dernier mot…Rien de triomphal ou d’éclatant dans tout cela, mais une école de patience et d’humilité, à l’exemple de François d’Assise.
Il ne s’agit pas de fuir ou de renoncer au conflit, celui-ci peut être salutaire, mais il s’agit de l’aborder autrement, en renonçant à tout esprit de domination et à la tentation d’avoir raison coûte que coûte, en recherchant les conditions d’un dialogue fructueux et des solutions justes et équitables pour chacune des parties. Car la paix est toujours le fruit de la justice.
Dans son encyclique Ecclesiam suam, Paul VI décrit les principaux caractères du dialogue, en particulier la douceur : « La douceur, celle que le Christ propose d’apprendre de lui-même : ”Mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur” (Mt 11,29) ; le dialogue n’est pas orgueilleux ; il n’est pas piquant ; il n’est pas offensant. Son autorité lui vient de l’intérieur, de la vérité qu’il expose, de la charité qu’il répand, de l’exemple qu’il propose ; il n’est pas commandement et ne procède pas de façon impérieuse. Il est pacifique, il évite les manières violentes ; il est patient ; il est généreux. » (83)
Être pacifié, c’est aussi convertir son regard sur l’autre : reconnaître en lui un frère pour lequel l’amour bienveillant et miséricordieux du Père, de notre Père, ne peut se démentir. Et croire, par conséquent, qu’il peut lui aussi se laisser convertir. « Que votre douceur incite tous les hommes à la paix, à la bonté et à la concorde…Beaucoup nous paraissent suppôts du diable, qui deviendront disciples du Christ. » (Légende des trois compagnons, 58)

« La paix soit avec vous ! »
Demandons au Seigneur, jour après jour, qu’il fasse sa demeure en nous, qu’il vienne pacifier notre cœur et notre esprit pour que nous puissions devenir, à la suite de François, des artisans de paix pour le monde, et en premier lieu pour tous ceux que nous sommes appelés à rencontrer, comme nous y invite le Projet de Vie des laïcs franciscains : « Porteurs de la paix qu’ils savent devoir construire sans cesse, ils chercheront, dans le dialogue, les voies de l’unité et de l’entente fraternelle, faisant confiance en la présence du germe divin dans l’homme et en la puissance transformante de l’amour et du pardon. » (Projet de Vie 19)

(1). viechrétiennne.catholique.org/méditation/La paix du Christ

P. Clamens-Zalay

Cycle de la passion

La Résurrection 20

Apparition aux 10 disciples (20, 19-23)

➡️ Importance bien soulignée de l’identité entre celui qui apparaît et le crucifié d’hier : il est le même. Et pourtant, importance bien soulignée aussi de la différence : il est d’un tout autre monde (portes fermées, apparition, disparition…)

➡️ Jésus apparaît avec ses plaies : c’est l’Agneau immolé qui se présente aux siens, celui dont parle l’Apocalypse (5, 6), l’Agneau égorgé qui trône dans les cieux.

➡️ Jésus leur déclare la paix. Que veut-il signifier ?
• ce n’est pas seulement le « shalom » habituel des rencontres
• Jésus ne prétend pas seulement les rassurer, calmer leur peur, leur donner confiance ;
• Il leur déclare solennellement le pardon de Dieu. L’amour du Père est plus fort que le péché des hommes. Au-delà de la mort en croix, où s’étalait la preuve du péché des hommes, le Père présente maintenant, en la personne de Jésus ressuscité montrant ses plaies, le sceau vivant d’une parole donnée qu’il ne reprendra plus : la Paix !

➡️ Jésus envoie ses disciples en mission. Mais c’est la nature de cette mission qui est remarquable. Jésus ne leur donne pas simplement mission d’exhorter à la conversion, ou d’annoncer la Rédemption. Il affecte à ses disciples la même mission que la sienne, la même qu’il reçut du Père. Jésus intègre ses disciples dans sa mission propre. C’est donc, au plan de la mission, une intégration trinitaire.

➡️ Jésus souffle sur eux l’Esprit Saint… C’est le rappel de la création de l’homme, d’après la Genèse, qui s’est faite par insufflation du souffle vital par Dieu.
Les disciples sont donc une nouvelle création, purifiée de ses péchés et refaite dans la sainteté.

➡️ Jésus leur donne mission de pardonner. Pour les juifs, seul Dieu pardonne les péchés. Or Jésus, déjà, s’était arrogé ce pouvoir. Et voilà qu’il accorde ce pouvoir à ses disciples. C’est bien la preuve de leur « intégration trinitaire ».

Apparition aux 11 disciples (20, 24-29)

➡️ L’incrédulité des apôtres devant l’apparition du ressuscité est l’un des traits communs des récits des 4 évangélistes sur les apparitions, et Jésus le leur reproche (Mt. 28, 17 ; Mc. 16, 14 ; Lc. 24, 36-42). Jean concentre cette incrédulité sur Thomas.

➡️ En quoi consiste l’incrédulité de Thomas, qui représente pour Jean l’incrédulité-type ?
• Thomas ne veut pas croire sur parole, il veut voir et toucher. C’est donc un refus du témoignage. Or ce sera une des missions essentielles de l’Eglise : témoigner du Christ ressuscité. La foi chrétienne est une chaîne de la foi : nous croyons, non pas parce que nous avons vu, mais parce que nous croyons les témoins qui ont vu. L’Eglise est chargée de la transmission de la foi qui lui vient des témoins.
• Thomas impose à Jésus les conditions de sa foi en lui : toucher ses plaies. C’est le contraire exact de l’attitude chrétienne, qui consiste essentiellement à se recevoir humblement de Dieu et du Christ.

➡️ Par contre, la confession de foi de Thomas est admirable et étonnante : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Elle est une des plus hautes expressions de la foi chrétienne des origines. Thomas associe en Jésus les titres de Seigneur et de Dieu. Jésus est Dieu, comme dans le 1er verset du prologue où le « Verbe était en Dieu ». Et comme le dira saint Paul : « Jésus est Seigneur ».

➡️ « Heureux ceux qui croiront sans avoir vu ». C’est sur cette béatitude de la foi que se terminait primitivement l’évangile selon saint Jean, avant qu’il n’ajoute l’appendice du chapitre 21 dans une édition ultérieure. C’est bien donc à cette béatitude que tendait toute la scène, que tendaient aussi toutes les scènes d’apparitions du chapitre 20, et que tendait probablement tout l’évangile de Jean, qui insiste sur l’incrédulité et sur la foi.

➡️ Mais remarquons aussi que l’évangile de Jean contient une seule autre béatitude : « Heureux serez-vous si vous mettez en pratique mon commandement de vous laver les pieds les uns aux autres » (13, 17). C’est la béatitude de la charité-service.

Conclusion

Le chapitre 20 des apparitions du Ressuscité insiste sur 2 points :

1. L’incrédulité spontanée des disciples : l’homme a du mal à faire confiance à Dieu.
2. Le temps de l’Eglise commence avec la présence/absence de Jésus (il est là, mais selon tout un autre mode de présence) ; et avec une mission confiée qui est la continuation de la sienne, parce qu’elle est totalement intégrée à la sienne.

fr. Joseph

Prière de mai

Dieu notre Père, accorde à ton Église
les saints dont elle a besoin
pour témoigner de ta présence
et de ton Royaume.

Donne aux jeunes la joie d’écouter
ton appel à aimer.
Apprends-leur à discerner
leur vocation pour vivre
à ta suite dans la diversité
des états de vie.

Père, fais grandir en nous
cette passion pour le Christ
et pour l’humanité
afin d’annoncer la joie de l’Évangile.

(Texte composé pour la journée mondiale de prière pour les vocations –
8 mai 2022)

Une Expo, Un livre

L’aventure Champollion
Une expo de la BnF

Du 12 avril 2022 Au 24 juilet 2022
Bibliothèque François-Mitterrand – Galerie 2
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La Bibliothèque nationale ouvre régulièrement ses trésors au public à l’occasion d’expositions toujours précieuses, riches et instructives. Elle a en outre le mérite de proposer des tickets d’entrée à des prix raisonnables (9 à 7 €) et d’offrir la gratuité aux moins de dix-huit ans. Elle a en revanche parfois le défaut d’un penchant livresque — on comprend pourquoi. Mais dans notre époque qui abuse des raccourcis de l’image, est-ce là un défaut ou une mission salutaire du service public ?

C’est purement d’écriture qu’il s’agit dans cette belle exposition tous publics — « L’aventure de Champollion » réalisée avec la contribution du musée du Louvre et du Museo Egizio de Turin, le plus ancien et l’un des plus grands musées d’antiquités égyptiennes. Elle a pourtant de quoi séduire les jeunes autant que les moins jeunes, car les arts graphiques et plastiques y sont à l’honneur par la nature même du hiéroglyphe à l’élégance toujours saisissante, ainsi que par la présence de nombreux objets plus admirables les uns que les autres, témoignages d’une civilisation profonde et raffinée qui ne cesse d’émerveiller.

L’exposition célèbre Jean-François Champollion (1790-1832) pour le deux centième anniversaire de son déchiffrement des hiéroglyphes dont il fit la communication officielle le 27 septembre 1822, mettant fin à toute crédibilité des interprétations précédentes et contemporaines, farfelues ou fantasmatiques comme celles des symbolistes ou des francs-maçons. Plus personne n’était capable de lire ces « gravures sacrées « (c’est le sens du mot hiéroglyphe) depuis plus de 1 500 ans, et s’était donc perdu le secret de ce système de notation de la parole vieux de 5 000 ans qui est la première marche vers l’écriture telle que nous la connaissons, avec les précédents des écritures sumériennes pictographique (6 000 ans) et cunéiforme (5 700 ans), et ses déclinaisons cursives postérieures que sont l’écriture « hiératique », puis « démotique », moins connues et pourtant à l’origine directe de nos alphabets modernes. C’est dire l’importance de la découverte que fit Champollion grâce à la fameuse pierre de Rosette trouvée dans la ville éponyme par un officier français lors de la campagne égyptienne de Bonaparte (1798-1801). Un contingent de savants et de dessinateurs avait accompagné la troupe dans ce pays encore bien mal connu, à l’importance historique largement sous-évaluée, occultée par la prééminence accordée à la civilisation grecque. On doit à ces explorateurs l’énorme documentation rassemblée dans les vingt-trois volumes de La Description de l’Égypte publiée en 1809 qui détermina la vocation de Champollion et de nombreux autres futurs égyptologues. Âgé alors de dix-neuf ans, ce grand travailleur et savant original, à l’esprit indépendant doté d’une intuition extraordinaire, avait déjà démontré que la langue copte était une forme tardive de l’égyptien ancien. Une bonne dizaine d’années d’efforts et de curiosité plus tard, il pouvait livrer des résultats à même d’éclairer les quarante siècles d’Histoire qui nous contemplaient du haut des pyramides, et au-delà. Car si c’est par l’écriture que l’homme put commencer à livrer son témoignage sur sa propre époque — faculté distinguant la Préhistoire de l’Histoire —, encore fallait-il que ses descendants fussent en mesure de la lire.

Magnifiant l’intérêt éprouvé pour ses découvertes majeures, le grand charme de l’exposition est de restituer la personnalité et les chemins de connaissance d’un homme hors du commun, dévoué scrupuleusement et ardemment à sa recherche. Son exemple de passion et de rigueur n’est pas le moindre des enseignements que le visiteur actuel, jeune en particulier, puisse en retirer. Il pourra par exemple admirer ses relevés de hiéroglyphes, ses dessins reproduisant fidèlement tout ce qu’il pouvait rencontrer de beau, d’intrigant et de significatif en un temps où la photographie n’existait pas, le tout accompagné de notes et d’observations écrites de sa main et consigné dans des cahiers impressionnants de précision scientifique comme de qualité artistique. On y pressent un homme rare, très attachant, disparu trop tôt, ainsi que le lien émouvant avec son frère aîné, Jacques-Joseph, qui poursuivit son œuvre en constituant un dictionnaire et une grammaire de l’égyptien ancien. Des années après sa découverte fondatrice, Jean-François Champollion devint ainsi immortel, à l’instar des pharaons qui sans doute avaient visité ses rêves.

Jean Chavot


Berlin Requiem
Un livre de Xavier-Marie BONNOT

X-M.Bonnot, Berlin Requiem, Paris, Plon, 2021, 368 pages, 19 €

Hasard de l’actualité, Michel Bouquet nous a quittés en ce mois d’avril 2022. Or, il fut un saisissant Furtwängler dans la pièce À tort ou à raison. Le chef d’orchestre ne fut jamais un opposant au nazisme et poursuivit sa carrière au prestigieux philharmonique de Berlin durant les sombres années. Certes, à la fin de la guerre, beaucoup de musiciens le soutinrent comme Yehudi Menuhin arguant du refus du maestro de prendre sa carte du Parti comme le firent d’autres tel Herbert von Karajan. Blanchi par un tribunal de dénazification en 1946, il nourrissait des rêves chimériques dans lesquels la culture et l’art se dérobaient aux contingences politiques. L’ambiguïté du parcours du chef inspire le roman Berlin Requiem, funérailles ou nostalgie ? 

Les vies de quatre personnages se croisent, s’entrecroisent Wilhelm Furtwängler, Rodolphe Meister, fils de la célèbre cantatrice Christa Meister, et la jolie Eva. Le roman est d’abord celui de l’adulé chef d’orchestre du Philarmoniker de Berlin et de ses rapports avec les nazis. Il se trouve confronté aux rivalités entre les dirigeants-coutisans pour s’attirer les faveurs d’un chancelier qui joue sur les jalousies de ses proches pour assurer son pouvoir. Au fil de son roman historique, Bonnot plonge ses personnages au cœur de Berlin lors de la funeste aventure de l’Allemagne des années 1930 et 1940. 

Cette biographie romancée soulève bien des questions qui pourraient nous interpeller dans les temps que nous vivons. Quel peut-être le rôle, d’un intellectuel, d’un artiste dans une société gagnée par le totalitarisme ? Nul doute que ces sociétés n’apprécient guère ces individus rétifs par nature aux préceptes simplificateurs. Pourtant, certains d’entre eux furent envoûtés par les prêches incitant à la violence, au rejet de l’autre. Ainsi, en fut-il du dramaturge Hanns Johst[1], auteur de la pièce Schlageter honorant l’arrivée au pouvoir des nazis. Le « héros », Albert Schlageter[2] et son ami Thiemann se demandent s’il est nécessaire de nourrir des ambitions universitaires ; l’un affirmant : « Wenn ich Kultur höre… entsichere ich meinen Browning ! », « Quand j’entends parler de culture… je relâche la sécurité de mon Browning » que d’aucuns ont interprété en traduisant : « Quand j’entends le mot culture, je sors mon révolver ».

Ce livre tire avantage d’une plume alerte, engageant un débat sur l’irruption du pouvoir politique dans l’art mais aussi de l’aptitude à la résistance et à la résilience face aux pouvoirs totalitaires. Hitler considérait que la musique participait à la Gleichschaltung[3] de tout un peuple alors que pour le Kapellmeister, la musique œuvrait sur la raison et sur les sentiments. L’art, soumis, était ainsi au service de l’idéologie et participait aux projets totalitaires. 

Furtwängler fut-il trop orgueilleux ? Sa responsabilité morale fut-elle engagée vis-à-vis des nazis qu’il méprisait ? Pourtant conscient de l’abjection dans laquelle s’abîmait l’Allemagne, stupéfait de la médiocrité du Führer, lors des rares échanges entre les deux hommes, nourrissant l’illusion que son prestige lui permettrait de protéger ses musiciens juifs, il ne quitta pas pour autant le pays. 

Admirant le maestro, le jeune Rudolf, personnage de fiction, vit seul avec sa mère, cantatrice vieillissante. Il ignore tout de son père et nourrit l’ambition de devenir le plus grand chef d’orchestre d’Allemagne. Fasciné par les défilés en uniforme, il observe naïvement le gouffre dans lequel plonge l’Allemagne. Le lecteur partage la profonde solitude du petit prodige, solitude toutefois égayée par la présence bienveillante d’Éva. Rudolf souvent muet, vit reclus dans son univers. La musique l’accompagne, lui permet d’endurer la guerre, les humeurs puis la déportation de sa mère, d’affronter l’absence de père. 

La musique est toujours présente dans ce roman ; on s’imagine dans la grotte de Herrenchiemsee entraîné dans le Ring wagnérien des Nibelungen. La culture peut-elle résister au totalitarisme ? Éviter de se compromettre en tenant sa baguette de la main droite pour ne pas faire le salut nazi suffit-il à exonérer du devoir moral ?

C’est la réflexion qu’engage l’auteur, plutôt bienveillant à l’endroit du maestro, dans ce roman palpitant qui conduit à chercher sur Internet des vidéos de Furtwängler dirigeant Tristan et Isolde. Le roman commence et s’achève alors que le « Reich millénaire » s’est effondré avec l’espoir que nourrissait Wittgenstein lorsqu’il écrivit : « De l’ancienne culture il ne restera qu’un tas de décombres et pour finir un tas de cendres, mais il y aura toujours des esprits qui flotteront sur ces cendres. »

Érik Lambert

[1] Devint en 1935 président de la Reichsschrifttumskammer (La Chambre de littérature du Reich) avant de mener la Deutsche Akademie für Dichtung (académie allemande de poésie).
[2] Combattant des Freikorps, exécuté lors de l’occupation de la Ruhr par les Français en 1923, devenu un héros du panthéon nazi. https://www.retronews.fr/conflits-et-relations-internationales/echo-de-presse/2019/02/05/albert-leo-schlageter
[3] La mise au pas.

événements septembre

🙏 ✨Week-end à Vézelay✨ 🙏

‼️ Date limite d’inscription : 05/09/2022 ‼️

Les fraternités des 3 régions d’Ile de France sont invitées à se joindre au week-end organisé à Vézelay du 15 au 16 octobre 2022

Marcher ensemble aux sources de la fraternité
Avec le frère Jean-Baptiste Auberger

Samedi 15 octobre : Marche fraternelle d’Asquins à Vézelay -Célébration de la messe à la Basilique – Rencontre fraternelle – Veillée de prière et adoration à la basilique

 Dimanche 16 octobre : Messe à La Cordelle – Rencontre des frères de La Cordelle – Visite de l’ermitage Chapelle Ste Croix , rappel historique – Marche et pique-nique -Prières et chants avant l’envoi -Retour à Asquins

➡️ En savoir plus 👉 voici le tract et le bulletin d’inscription


Célébration régionale de la fête de St François

➡️ Chez les sœurs franciscaines de Fontenay-sous-Bois
👉 Quand : vendredi 7 octobre, à 19h
👉 Où : 33, rue du Commandant Jean Duhail – 94120 Fontenay-sous-Bois

➡️ La St François sera aussi célébrée à la paroisse Val de Lagny, salle St Fursy.
👉 Quand : mardi 4 octobre à 19h
👉 Où :35 Rue du 27 Août 1944, 77400 Lagny-sur-Marne

Edito

Paix

Un virus inconnu venait de rappeler aux pays nantis que la maladie et la mort existaient. À peine remis, ils se trouvent affligés d’un nouveau fléau oublié : la guerre. Comme l’épidémie, on la croyait reléguée à des contrées où elle ne touchait que des populations vouées à la souffrance, trop miséreuses pour mériter chez nous le statut de réfugié. Mais la voilà revenue aux marches de l’Europe, à portée de missile et de caméra, et dès lors prise beaucoup plus au sérieux. Ce rappel de l’égoïsme occidental ne diminue en rien l’horreur absurde de la guerre en Ukraine. Il ne vise qu’à la replacer dans le cadre de l’atrocité commune afin de poser la nécessité urgente et primordiale de la paix pour tous, non pas une paix attendue de la victoire de gentils auto-proclamés sur des méchants désignés — celle qui répond à l’adage « si tu veux la paix, prépare la guerre » — mais la seule paix à laquelle il est juste d’œuvrer inlassablement : la paix victo-rieuse, partout et à jamais.

Comment gagner cette bataille contre la guerre que l’on dit tantôt froide, éclair, grande, drôle, juste et plus odieusement encore : « propre », et même « humanitaire » ? Comment faire que la paix s’impose comme condition naturelle des choses, qu’elle ne soit plus définie comme suspension des hostilités résultant de la victoire d’un des camps, de l’écrasement de l’autre, de l’épuisement ou de la mort de tous les combattants ? Paix trompeuse que celle du cimetière qu’évoquait Emmanuel Kant dans son retentissant Vers la paix perpétuelle, ouvrage resté lettre morte dans lequel il posa les fondements politiques et législatifs d’une paix définitive. Mais d’armistices en traités, l’Histoire nous apprend que les lois et les accords, s’ils sont bien sûr in-dispensables, se révèlent insuffisants à calmer définitivement les ardeurs bellicistes. Pire, les traités de paix contiennent bien souvent le germe de la prochaine guerre, comme le Traité de Versailles celui de la Seconde guerre mondiale. Car aucune victoire n’épuise les raisons des con-flits et l’humiliation du vaincu ne fait qu’exalter son espoir de revanche. Ainsi l’Histoire est-elle pleine des transgressions guerrières, et plutôt que des œuvres magnifiques de la paix, les éco-liers en apprennent les dates comme les jalons naturels du destin commun. Et pourtant, tout être humain aspire fondamentalement à la paix comme condition première d’une vie heureuse. D’où vient ce paradoxe délirant et meurtrier qu’est la guerre ? Quelle force obscure nous dresse, mal-gré nous, hommes, femmes, pays, coalitions, les uns contre les autres ?

C’est un fait, les guerres sont toujours déterminées par les intérêts « supérieurs » des puissants. Mais des intérêts de même nature siègent dans le cœur de chacun, aussi humble soit-il, y grossissant jusqu’à étouffer l’amour du prochain et le désir de paix qui sont les condi-tions du bien. Une soif insatiable de pouvoir, de richesse et de jouissance, ne serait-ce que sous la forme minimale de la peur de manquer, pousse les individus comme les foules les uns contre les autres. Il ne suffit donc pas de vouloir la paix, encore faut-il renoncer en chacun de nous au moteur de la guerre : la folle poursuite de ces passions morbides qui sont le terreau de la vio-lence. C’est à cette mise en cohérence du renoncement au mal et de la quête du bien que saint François nous exhorte : « Vous annoncez la paix par vos paroles, disait-il, ayez-la plus encore dans vos cœurs. Ne soyez pour personne une occasion de colère ou de scandale, mais que votre dou-ceur incite tous les hommes à la paix, à la bonté et à la concorde. » (Légende des trois compa-gnons, 58) François se fait ainsi l’écho de l’invitation du Christ à trouver en nous-mêmes la res-source de la paix véritable, non pas la paix à la manière du monde, momentanée, incomplète, minée par les arrière-pensées, mais sa paix à lui, toute de confiance et de fidélité : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. » (Jean 14,27) Résister aux appels de la haine, des passions chaotiques et de la peur exige de rassembler tout son courage autour d’une foi inébranlable, comme celle dont Jésus nous montre la puissance dans la tempête, apte à calmer la mer et le vent déchaînés. Chacun, pour œuvrer véritablement à la paix du monde, doit com-mencer par dominer la tempête qui couve dans son cœur, par rester petit devant ce qui se croit grand, car il n’est qu’Un seul à qui appartiennent le règne, la puissance et la gloire. C’est alors que l’on peut proclamer « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu ! »

Le comité de rédaction