Archives de catégorie : Vie Franciscaine

Un nouveau Conseil National pour l’OFS[1]de France

Chaque année, le Conseil National de l’OFS convie tous les Conseils Régionaux de France (représentés par 3 membres : assistant spirituel, ministre et une troisième personne déléguée) pour une rencontre fraternelle, un bilan de l’année écoulée et les perspectives à venir. 

En cette année 2022, le week-end des 15 et 16 octobre rassemblait environ 80 personnes et revêtait un caractère particulier puisqu’il comportait l’élection d’un nouveau Conseil National élu pour trois ans, par tous les membres présents des Conseils Régionaux ayant fait profession, (en fait 42 votants), avec la présence de deux de nos frères provinciaux Michel Laloux, ofm et Jean-François Marie Auclair, ofm conv, de deux représentants du CIOFS[2] venus de Rome : Noemi Paola Riccardi et le frère Tomàs Gilga Panzo Suva, assistant ofm cap., de François Van Tichelen, ministre national de Belgique, et de trois représentants de la Jefra[3] : Pierre-François Clément, Swann Cimbe-Brianceau et sœur Elizabeth Desportes assistante nationale de la Jefra.

Nous étions accueillis chaleureusement dans l’Espace Montcalm, maison diocésaine de Vannes, par la fraternité régionale de Bretagne qui n’a pas ménagé ses efforts pour que chacun vive ces deux jours dans une ambiance spirituelle – la prière de l’office des laudes, la célébration de l’Eucharistie et la prière du soir – et une organisation matérielle – chambres, collations et repas – très satisfaisante ! Même le soleil fut de la partie toute la journée de samedi !

Dès le samedi matin, après un mot de bienvenue de Claire Hulot, ministre nationale, et la présentation de la fraternité de Bretagne qui nous accueillait, chaque membre du Conseil National sortant, à tour de rôle, argumenta le bilan de la mission confiée qu’il avait pu mettre en œuvre et qui fut approuvé respectivement par les membres votants de l’assemblée présente. Nos deux assistants nationaux rapportèrent également le bilan de leur mission spirituelle et pastorale.

L’après-midi, nos deux frères provinciaux évoquèrent le rôle important de l’assistance spirituelle dans la vie de nos fraternités et la mission essentielle de ceux qui en assument la charge : être un lien de communion dans la vie de la fraternité, faire émerger les multiples expressions de la vie franciscaine séculière à travers l’écoute et à la lumière de la Parole de Dieu, avoir le souci de la croissance spirituelle des fraternités et des personnes, se former en permanence avec les autres assistants… Puis ils nous annoncèrent l’impossibilité de trouver de nouveaux frères pour remplacer les assistants nationaux actuels, les frères José Kohler, ofm et Dominique Lebon, ofm cap, arrivés eux-mêmes au terme de plusieurs mandats. Cet état de fait amènera à trouver d’autres modalités de fonctionnement, à l’étude actuellement…

Les membres de la Jefra et le représentant de l’OFS auprès des Groupes de Vie Évangélique, François Gaudard, prirent aussi la parole pour rapporter leurs activités au regard de l’OFS.

Vers la fin de l’après-midi, Noémi et le frère Tomàs nous dressèrent le cadre dans lequel allait s’effectuer l’élection du lendemain, et nous annoncèrent qu’un nombre insuffisant de candidats disponibles nécessitait que l’Esprit Saint nous insuffle de solliciter quelques membres supplémentaires pour élargir le choix des électeurs : nous avions le temps de la réflexion durant la nuit…

Après le repas du soir, un film intéressant: « caravane  amoureuse », tourné en 2010 par plusieurs membres de la fraternité de Bretagne, nous permit d’apprécier ce thème de « la fraternité semeuse de joie dans l’altérité » et ainsi de laisser décanter quelque peu les préoccupations électorales du lendemain !

La matinée de dimanche s’annonça laborieuse face aux exigences que préconisaient les Statuts rappelés avec insistance par la déléguée du CIOFS qui présidait les élections, mais ce temps put finalement se solder par des votes déterminants sur le choix de celles et ceux qui furent élus ou réélus : chacune et chacun fut interrogé sur son acceptation de sa nouvelle mission et vers midi, nous aurions pu laisser échapper une fumée blanche par la cheminée de notre « consistoire » : nous avions un nouveau Conseil National* élu pour trois ans pour la plus grande satisfaction de tous ! Un apéritif conclut cette réunion devenue festive et après le repas, l’Eucharistie concélébrée par le frère Michel Laloux et le frère José Kohler fut un vrai chant d’action de grâces – sans compter la danse finale ! – et un envoi magnifique pour chacun à la nouvelle mission qui lui était confiée dans l’esprit de François d’Assise que nous entendions profondément nous dire : « frères et sœurs, commençons !… »

Voici la composition du nouveau Conseil National de l’Ordre Franciscain Séculier de France :
– Ministre Nationale : Claire Hulot (réélue)
– Vice-Ministre Nationale : Catherine Delmas-Goyon  (réélue)
– Trésorier National : Xavier Fauvette (élu)
– Secrétaire Nationale : Suzanne Agrech (réélue)
– Responsable Nationale de la Formation : Marie-Agnès Fleury  (réélue)
– Conseillère Internationale : Claire Dechenaux (réélue)
– Conseiller National Jeunes et Familles : Bernard Cordier (élu)
– Conseiller National Présence au Monde : Etienne Poisson (réélu)
– Suppléante de la Conseillère Internationale : Catherine Delmas-Goyon (élue)


[1]OFS : Ordre Franciscain Séculier
[2]CIOFS : Conseil International de l’Ordre Franciscain Séculier
[3]JEFRA : Jeunesse Franciscaine

Pourquoi je m’engage aujourd’hui dans l’Ofs

Le 7 octobre, la région Créteil, St-Denis, Meaux a fêté la St-François chez les sœurs franciscaines, à Fontenay-sous-Bois.
Lors de cette célébration, Michel Sauquet a fait son engagement canonique au sein de la fraternité franciscaine séculière.
Avec son autorisation, nous publions le texte qu’il a partagé avec nous pour expliquer cette démarche, et quelques photos de ce temps fraternel.

La plupart d’entre nous connaissent par cœur cette invitation de François d’Assise : « Frères commençons à servir le Seigneur, car nous n’avons pas fait grand-chose jusqu’ici. »

« Frères, commençons »… Ces deux mots utilisés comme titre de nombreux articles dans nos revues m’ont très longtemps agacé. Je les tenais pour un slogan, dans un entre soi de laïcs et religieux franciscains, quelque chose d’allusif, qui ne me parlait pas du tout.

« Entré » il y a 45 ans, à la suite de mon épouse Brigitte, dans une fraternité franciscaine, je n’y avais jamais fait mon engagement. Je n’en voyais pas l’intérêt. Puis, à la faveur de recherches et de travaux d’écriture autour de François, et surtout de rencontres avec de nombreux religieux, religieuses et laïc(que)s de la famille franciscaine, j’ai changé de posture. Ces inspirateurs sont notamment les frères ici présents, Gilles Rivière, Joseph Banoub et Thierry Gournay, ainsi que le frère Jean-Luc Dehès qui nous a quitté et à qui je dois tant également. Ce sont aussi les sœurs de saint François d’Assise chez qui nous avons le bonheur de nous réunir aujourd’hui. C’est enfin cette fraternité du Petit Prince si riche en questionnements (on ne peut pas s’endormir avec elle !), et avec qui je chemine depuis des décennies. J’ai changé de posture, oui et je crois que je comprends beaucoup mieux aujourd’hui, la richesse de ce « Frères commençons ».

S’engager en fraternité à 76 ans, voilà qui n’a pas manqué de susciter l’étonnement, voire l’incompréhension de plusieurs de mes amis qui se demandaient quelle mouche me piquait de faire une telle démarche à cet âge-là.

Cette décision, je l’ai prise un peu dans le flou, intuitivement, jusqu’à ce que les mots d’un moine de l’abbaye d’En-Calcat me rejoignent en plein cœur. « Les chrétiens, disait-il, sont ceux qui commencent toujours, chaque matin et à toute heure. Parce qu’ils commencent, ils sont joyeux. Parce qu’ils ne font que commencer, ils ne peuvent s’enorgueillir, ils ne peuvent se prendre au sérieux. »



Ainsi nous, chrétiens, nous sommes des débutants, sur ce chemin de la joie initié par le Christ. Oui, nous sommes tous des débutants, et c’est tant mieux !

J’ai pris l’habitude, pour parler du temps qui nous reste à vivre, à nous les seniors, de dire que tout ce qui vient, c’est « du rab ». Que nous avons eu une assez belle vie, et que maintenant advienne que pourra. Mais je crois maintenant que cette attitude est fataliste, résignée, paresseuse.

Je repense aussi au deuxième livre des Rois, qui rapporte la lassitude d’Élie dans le désert. Épuisé, n’en pouvant plus, il demande à Dieu d’en finir : « Reprends ma vie, je ne vaux pas mieux que mes pères. » Et il s’étend sous un buisson où il s’endort. Mais par deux fois Dieu le secoue, le nourrit, et, finalement il reprend la route. Commencer, recommencer toujours, à n’importe quel âge, non à la force du poignet, mais avec l’aide de Dieu, grâce à son inlassable initiative.

Et recommencer avec votre aide à tous, au sein de cette famille franciscaine dans laquelle je m’engage ce soir plus résolument que je ne l’ai fait jusqu’ici ! Ce soir, oui, je vais demander au Seigneur, à l’Église et à vous tous de m’aider à mieux mettre mes pas dans ceux de Saint François, à imprimer aux années qui sont devant moi une feuille de route plus éthique, plus ouverte, moins autocentrée, plus franciscaine. Merci de votre soutien, et de celui de Brigitte, qui me guide sur cette voie depuis si longtemps.

Michel Sauquet

Journée régionale 19 juin 2022

Les sœurs et les frères de la Fraternité Franciscaine Séculière de la région Est-Francilien se sont retrouvés le dimanche 19 juin 2022, au couvent Saint François, chez les frères franciscains de Paris, pour une journée de rencontre, de détente et de réflexion sur le thème de la synodalité et particulièrement « l’écoute et le dialogue ».

La vidéo qui suit relate quelques moments de cette journée.

Sur le sable, les traces de ma vie

Cette nuit, j’ai eu un songe :
je cheminais sur la plage accompagné du Seigneur.
Des traces sur le sable rappelaient le parcours de ma vie :
les pas du Seigneur et les miens.
Ainsi nous avancions tous deux
jusqu’à la fin du voyage.
Parfois une empreinte unique était marquée,
c’était la trace des jours les plus difficiles,
des jours de plus grande angoisse,
de plus grande peur, de plus grande douleur…
J’ai appelé :
« Seigneur, tu as dit que tu étais avec moi
tous les jours de ma vie,
j’ai accepté de vivre avec toi.
Pourquoi m’avoir laissé seul aux pires moments ? »
Il m’a répondu :
« Mon fils, je te l’ai dit :
Je serai avec toi tout au long de la route.
J’ai promis de ne pas te quitter.
T’ai-je abandonné ?
Quand tu ne vois qu’une
trace sur le sable
c’est que, ce jour-là,
c’est moi qui t’ai porté. »

Adémar de Barros, poète brésilien

Retraite des fraternités franciscaines séculières de la région Créteil, St Denis, Meaux

Dimanche 27 mars, les fraternités de notre Région se sont retrouvées chez nos frères Capucins de Paris, pour une journée de retraite animée par le frère Joseph Banoub, sur le thème: « Église des hommes, Église de Dieu ».

ÉGLISE DES HOMMES, ÉGLISE DE DIEU



L’Église de Dieu Trinité
Deux événements sont à l’origine de l’Église : tout d’abord, la mort et la résurrection de Jésus, ensuite le don de l’Esprit à la Pentecôte. Et l’Église, tout au long de son histoire, est fondée sur ces deux événements, accomplis par le Christ et par l’Esprit.
L’Église n’est donc pas une institution comme les autres puisqu’elle est voulue par le Christ et fondée par l’Esprit. Elle est aussi un mystère car son côté transcendant dépasse de très loin son côté visible et historique.
Le concile Vatican II décrit l’Église, dans la constitution Lumen Gentium, N°1, « comme un sacrement, comme un signe ou un instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité du genre humain. » L’Église a donc une visibilité bien concrète porteuse d’un don divin qui la dépasse et qui est invisible. La tradition chrétienne a donné au Christ le titre de « sacrement de Dieu ». S’il est le « sacrement de Dieu », l’Église est le sacrement du Christ et de l’Esprit. Ainsi, l’Eglise est avant tout la réalisation de la Trinité Sainte : elle a été pensée et voulue par le Père, elle a été réalisée par le Fils qui a donné sa vie pour elle et qui ne fait qu’une seule chair avec elle, elle est née de l’Esprit Saint dont elle est le Temple, la demeure parmi les hommes.
L’Église peut-elle prétendre être le Royaume de Dieu sur terre ? Le Christ a inauguré ce Royaume, il est donc déjà là ; mais il est à venir car il ne sera réalisé qu’à la fin des temps. Et l’Église aspire à cet avènement. En attendant, en elle, le Royaume de Dieu est en travail. Mais la croissance du Royaume est freinée par toutes les lourdeurs de l’Église.

Le péché de l’Église
La grandeur de l’Église c’est de vivre sa mission comme un service, mais elle l’a exercée trop souvent comme un pouvoir, c’est sa faiblesse.
L’un des paradoxes de l’Église est que le don de Dieu et du Christ ait été confié à des êtres pécheurs. Elle ne pourra jamais sortir de cette contradiction : elle est foncièrement sainte dans sa source, et elle reste radicalement pécheresse dans sa vie, parce que faite d’hommes et de femmes pécheurs. Divine par sa tête, le Christ, elle est sans cesse irriguée par lui pour sa nécessaire et continuelle conversion.
Quand le christianisme se présente comme une doctrine, il devient une idéologie avec tous ses travers. Il en est ainsi lorsque l’institution donne au peuple de Dieu à croire ‘à’, qui est de l’ordre de la loi, au lieu de croire ’en’, qui est de l’ordre de la foi, de l’amour.
Un signe incontestable de la présence du péché dans l’Église, c’est la division des chrétiens.
Elle est la négation par excellence de la vocation de l’Eglise qui est de rassembler les enfants de Dieu dans l’unité pour laquelle Jésus a prié. Une Église désunie est une Église qui ne révèle pas l’authenticité de la mission de Jésus.
Mais « unité » ne veut pas dire « uniformité ». L’amour entre les églises fait l’unité de l’Église et de cette unité doit découler l’amour pour faire vivre la diversité dans son unité.

Bientôt deux ans… Nos fraternité racontent comment elles vivent ce temps de pandémie

Fraternité Sainte Claire (Roissy)
(La fraternité est composée de 16 membres actifs accompagnés par Jean-Pierre Rossi, diacre. Elle se réunit dans la salle de la paroisse de Roissy-en-Brie car elle s’est constituée principalement autour de la paroisse)

Un temps de confinement qui nous a permis de nous retrouver virtuellement et de garder le contact par des moyens de technologie tels que les téléphones, les tablettes ou les ordinateurs, pour ceux qui ne pouvaient pas se connecter le lien se faisait soit par des appels téléphoniques et (ou) par sms.

La Joie de se voir de se retrouver à chaque réunion mensuelle, nous a montré que notre chaleur fraternelle n’avait pas faiblie ; nous restons dans l’attente des bons petits plats de chacun que nous souhaitons retrouver.

Ce temps de confinement essentiellement nous a amenés à approfondir sur notre vie avec et en Dieu, avec les hommes, avec l’église, avec la fraternité franciscaine, avec la société….
On pourrait comparer ce temps de confinement à une retraite spirituelle de notre vie, c’est pour cela que les réponses ne seront pas forcement instantanées pour tous au même moment.

Avec la Grace de Dieu le COVID 19 a épargné la fraternité.
A chacun sa réflexion, l’essentiel c’est d’être en chemin vers le Seigneur.
PAIX et BIEN

Bientôt Deux ans… Nos fraternités racontent comment elles vivent ce temps de pandémie

Fraternité franciscaine de Lagny
(La fraternité est composée de 11 personnes accompagnées par le frère Joseph. Elle se réunit chez l’un ou chez l’autre à Lagny)

Depuis un an que dure la pandémie, la fraternité de Lagny a pu se réunir 7 fois pendant les périodes dé-confinées, avec les gestes barrières, pour continuer à étudier « Pâques en Galilée » d’Eloi Leclerc et partager le vécu de ces temps très particuliers. Pendant les périodes de confinement nous avons gardé les liens téléphoniques et essayé de méditer sur les thèmes proposés : la Genèse, les méditations envoyées par Joseph, le préambule de « Fratelli tutti ». La fraternité s’est aussi investie en paroisse dans une « démarche d’émerveillement pour la nature », avec le CCFD-Terre solidaire, pour évoquer cet émerveillement sur des panneaux et lors d’un temps d’action de grâces, témoignant ainsi de l’attitude positive et fraternelle de Saint François, en ces temps difficiles.

La plupart des membres de la fraternité sont âgés et ressentent particulièrement l’isolement et une certaine angoisse face à la pandémie. Pour ceux qui travaillent ou poursuivent des activités, le quotidien est difficile avec la crainte de se contaminer et de contaminer sa famille. Cependant, la plupart des membres ont la chance de vivre en pavillon et de pouvoir ainsi profiter de la nature, de s’en émerveiller, et de rendre grâce au Seigneur, tout en pensant et en priant pour tous ceux qui vivent, isolés ou trop nombreux, dans des appartements étroits. En cette période, de nombreux signes positifs sont donnés par les enfants et les familles qui prennent régulièrement des nouvelles, ce qui renforce les liens et réduit l’isolement ; de même entre membres de la fraternité on échange plus souvent des nouvelles et on se soucie davantage de la santé des autres. De plus, la famille, des voisins ou des amis apportent plus d’attention aux personnes âgées ou isolées en leur proposant parfois des services pour leur éviter de trop sortir. Par ailleurs, cela donne une autre notion du temps et permet d’entreprendre des choses que nous n’avions pas le temps de faire.

Lors des réunions de fraternité, entre les confinements, chacun exprime en négatif ou en positif ce qu’il a vécu personnellement et cela rencontre une grande écoute des frères et sœurs. Cette expérience de pandémie et de confinement nous appelle à la réflexion et à la méditation sur ce que Dieu attend des hommes, de son peuple et de chacun de nous pour agir au mieux à la sortie de cette épreuve, pour un monde plus juste et plus fraternel. Cette expérience de confinement nous fait comprendre les difficultés de certains de nos frères; elle nous permet de mieux apprécier notre liberté et notre vie, et constitue un chemin pour nous rapprocher du Seigneur par la prière et la méditation. Merci à Joseph et à Jacqueline pour les textes de méditation qui entretiennent les liens tout en permettant la réflexion et la prière.

Durant cette année, trois anciens membres de la fraternité nous ont quittés : Yvette, Jeanne et Jean-Louis.

Vacances insoupçonnées à Notre-Dame de Reinacker !

Couvent de Notre-Dame de Reinacker
Lieu-dit Reinacker
67440 REUTENBOURG
tél : +33 3 88 03 23 26

Tous les deux ans depuis sa fondation, notre fraternité du « Petit Prince » choisit de partir en vacances pour vivre une semaine, ensemble, dans un cadre détendu et si possible spirituel, qui nous sorte du quotidien et nous permette de nous retrouver et d’approfondir nos échanges dans une ambiance sereine et baignée de nature !
En cette année où la pandémie commence à régresser, nous avions soif de partir et nous avons eu le privilège de nous évader la première semaine de septembre.


Presque par hasard, l’idée de notre assistant capucin, le frère Gilles Rivière, qui connaissait ce lieu, nous amena à séjourner en Alsace, non loin de Strasbourg, à 9 kms de Saverne, chez les Petites Sœurs de saint François d’Assise au « Foyer Notre-Dame de Reinacker ».
Si vous cherchez un hâvre de paix, où l’on vous accueille chaleureusement, « comme en famille », où vous trouverez toutes les commodités d’un séjour agréable, dans un cadre de prière et de calme et un site exceptionnel de campagne, n’hésitez pas : votre trésor est là !
Nous étions onze (neuf laïcs et deux frères capucin et franciscain) accueillis merveilleusement par une communauté de onze religieuses, à l’esprit ouvert et joyeux, où chacune se rend toujours disponible, d’une écoute bienveillante et en recherche constante d’une présence fraternelle à tous (alors qu’elles préparaient leur chapître général qui se déroulait juste après notre séjour dans ces lieux!).
Notre arrivée coïncida avec le début du « Mois de la Création », organisé par cette communauté, en lien avec les orthodoxes et célébré chaque week-end de septembre jusqu’à la saint François. Une belle prise de conscience de la nécessité de la Sauvegarde de la Création selon l’esprit de « Laudato Si » de notre Pape François !
Nous avons d’ailleurs apprécié d’être associés largement aux rencontres des 150 laïcs présents à cette occasion (concert de flûtes par le Quatuortensia le samedi soir, messe festive en plein air le dimanche présidée par Mgr Kratz, évêque auxiliaire de Strasbourg, ateliers et exposition d’oeuvres d’artistes, apéritif-rencontres…)

Puis, chaque jour de notre semaine se déroula selon un programme bien établi :

Le matin

Après l’office de laudes pour certains et la prière ensemble, nous avions convenu que chacun pourrait, seul ou en couple, présenter au groupe, entre 9h et midi, un thème qui lui tenait particulièrement à coeur : ce fut une surprise pour chaque matinée et l’occasion de nous découvrir mutuellement un peu mieux à travers nos choix.

• La première se lança sur ce magnifique thème de « la Joie », meilleur remède au pessimisme ambiant dans la période que nous traversons. Elle nous tint en haleine avec son texte « être joyeux », jaillissant de propositions concrètes et profondes, nous faisant deviner jusqu’au bout quel auteur avait bien pu être si intelligemment créatif dans un domaine que peu de gens lui aurait attribué : mais oui, Jacques Attali avait pu écrire tout cela en 2001 !
• La seconde matinée fut focalisée autour des textes du 22ème dimanche ordinaire (Deut,4 et Mc,7) où il est question de ce qui est intérieur (dedans) et extérieur (dehors) à l’homme, ce qui est pur et impur avec, en appui, un texte témoignage très dense de l’expérience d’un aumônier de prison qui atteste combien la moindre lueur du dedans ne doit pas s’éteindre, combien la Parole de Dieu peut transformer une vie et rendre libre intérieurement.
• le troisième matin nous plongea dans les grands problèmes socio-économiques et sociétaux de notre France actuelle : un interview remarquable de Gaël Giraud, s.j., projeté sur écran nous situa avec grande lucidité quels enjeux pourraient être réfléchis et « remis en jeu » dans les futurs programmes présidentiels : un grand chantier plein d’ouvertures pour nous !
• Le quatrième intervenant choisit de nous faire réfléchir très avantageusement sur l’amitié : amitié de Dieu, François d’Assise et l’amitié, l’amitié au-delà des différences, l’amitié : mot souvent galvaudé…Qu’est-ce qu’un ami pour nous, quelle est notre expérience de l’amitié, quelles différences entre amitié et fraternité?.. interrogations qui ouvrirent un échange très fructueux !
• La cinquième matinée fut consacrée à la découverte d’Arcabas : ce peintre de l’âme, sculpteur, poète converti à 25 ans et ce don de traduire sa foi et sa liberté de croire dans ses riches peintures, aux teintes extraordinaires (rouge, or, bleu…) qui font de son travail une œuvre sacrée, toujours très vivante, marquée d’une candeur joyeuse, révélatrice de questions profondes qui interrogent et provoquent à l’émerveillement. Un semeur d’Evangile à sa manière…qui a occasionné un vrai partage entre nous autour de ses œuvres parfois si surprenantes.
• Le dernier jour nous emporta sur un Discours du Pape François prononcé en 2015, lors d’une audience générale, plein d’humanité, de conseils, dans une expression toujours simple, actuelle, pragmatique, sur ce qu’est « être heureux » dans toutes les situations , meilleures ou pires, de la vie.Il ne condamne pas, va toujours de l’avant avec un regard positif sur les êtres , il est riche de foi en l’homme et en Dieu. Merveilleux échange pour clore cette belle semaine !

L’après-midi : détente et tourisme !

Soeur Pascale Bonef, de la communauté, nous a fait l’honneur de découvrir notre lieu d’accueil résidentiel et pendant plus de deux heures, nous a détaillé l’histoire de la Chapelle du Sanctuaire (XIIème siècle), le cimetière, le jardin des simples et des produits biologiques, les bâtiments et leurs nouvelles constructions porteuses d’avenir pour ce lieu plein de promesses. D’autres jours, nous sommes partis en balades visiter l’Abbatiale de Marmoutier, la Basilique, les rues pittoresques et le jardin botanique de Saverne, avons expérimenté « le Plan incliné de Saint Louis Arzviller » ascenseur à bateaux unique en son genre en Europe et situé sur le canal de la Marne-au-Rhin, et flané en découvrant le joli village typique d’Obernai.

Certaines soirées furent aussi bien occupées par le témoignage de sœur Nicole, supérieure de la Communauté, par la projection de 2 films «Dan et Aaron» (deux frères juifs que tout sépare reflètent bien une société en mutation), et « rêves d’or »(des migrants partis du Guatemala vivent la dure réalité de leur arrivée en Europe) suivis de débats enrichissants, par le partage-signalement de livres intéressants avec notre frère Gilles et même par une replongée sympathique dans nos chants de jeunesse avec l’accompagnement de notre cher guitariste Michel !

« Frère Soleil» rayonna chaque jour fidèlement pour nous découvrir les merveilles de ses levers et couchers dans cette nature luxuriante de fleurs, de champs, de verdure et d’oiseaux multiples !
En somme, une semaine de grâces où nous avons été gâtés en tous points et où nous nous sommes sentis très privilégiés par l’accueil, les rencontres, les échanges, le temps donné et passé ensemble, la prière avec la communauté, les richesses des lieux touristiques…
Oui, nous avons été très heureux de ces jours si fraternels, partagés dans une ambiance joyeuse et sereine, qui sont pour chacun source de renouveau et de « commencement » !…

Brigitte L
fraternité du « Petit Prince »

L’écriture d’un livre

L’écriture d’un livre est toujours une aventure et une plongée dans l’inconnu. On sait comment l’on veut commencer, on ne sait pas toujours ce qui viendra sous la plume (le clavier) en fin de course.

Dans certains cas, cette aventure réserve des surprises, de très bonnes surprises. Invité par les éditions Mame à écrire un petit livre sur la « manière franciscaine » de protéger la Création de la part de laïcs, j’ai pris le parti d’éviter de trop disserter sur ce que j’en pensais et de rassembler des témoignages de membres de l’OFS engagés dans des démarches correspondant à ce que le pape François, dans Laudato si’ appelle l’écologie intégrale : expériences de conversion personnelle et familiale des modes de consommation, réorientation de choix de vie dans le sens d’une plus grande sobriété, actions de solidarité fraternelle avec les plus démunis et les plus fragiles dans les périphéries souffrantes de la société (prisons, hôpitaux, migrants…), respect du monde animal, etc.

Ce pari n’était pas gagné d’avance pour moi. Je craignais de ne récolter que trop peu de témoignages et de me heurter à une trop grande retenue dans le récit d’histoires de vie et d’engagements personnels. Or la récolte a été au-delà de mes espérances, au point qu’après avoir supplié des religieux et des laïcs franciscains de me rediriger sur des personnes ou des fraternités susceptibles de témoigner, j’ai dû dire « N’en jetez plus ! »

Car très nombreux, à la vérité, sont ceux, dans l’OFS, qui mouillent leur chemise, en fraternité ou ailleurs, pour agir en faveur de la sauvegarde de la Création. Oui, vraiment très nombreux. Et, j’ai été intimidé devant ces témoignages, incité à une grande humilité, et surtout émerveillé par le dynamisme et la créativité d’une famille franciscaine laïque dont, prenant peut-être mon cas pour une généralité, j’avais l’image totalement erronée d’une communauté vieillissante, aux effectifs fondants, fatiguée… Tout le contraire. Les cheveux blancs n’empêchent guère d’aller de l’avant —toutes les têtes, d’ailleurs, sont loin d’être blanches dans la fraternité — et la large palette d’engagement de mes frères m’est apparue comme un vrai motif de louange.

Oui, disent tous ces témoignages, il est possible de partager ses biens, de se dégager de la crainte obsessionnelle du lendemain, de faire la différence entre besoin et caprice, de réfréner nos usages d’Internet, de se désapproprier d’une carrière supposée « prometteuse », de sortir de sa zone de confort et de revisiter sa vie à partir des plus pauvres, de voir en les plantes et les animaux des cadeaux de la Création, de verdir notre Église. Sans être des héros pour autant. Tous ces témoignages le disent et le redisent. Loué sois-tu Seigneur, pour tous ces frères qui ont le souci de respecter ta Création, de la protéger, de la jardiner !…

Libres, simples et heureux. Retourner à l’essentiel avec saint François, Éditions Mame, septembre 2021.

Michel Sauquet