L’HEURE SOLENNELLE du JUGEMENT

La trinité infernale : Avant d’étudier cette nouvelle section, revenons sur les 2 chapitres précédents, en conclusion desquels s’impose une constatation étonnante : nous avons vu apparaître une véritable caricature de la trinité chrétienne, en la personne du Dragon, de la Bête de la mer, et de la Bête de la terre, répliques impies du Père, du Fils et du Saint-Esprit. C’est intentionnel chez Jean.

  1. Le DRAGON, figure mythique par excellence de l’opposition à Dieu, servait déjà de symbole dans l’A.T. pour qualifier Pharaon ou le roi de Babylone ; d’où son emblème royal. Sans avoir une puissance égale à celle de Dieu, le Dragon exerce son pouvoir sur terre – Surtout il est la réplique du Père, puisqu’il est à l’origine du surgissement des 2 bêtes, comme le Père engendre le Fils et l’Esprit Saint.
  2. La BETE de la MER a reçu du Dragon  » toute sa puissance, son trône et son pouvoir immense  » (13, 2). Cette investiture est une véritable parodie de celle qui fut si solennellement conférée à 1’Agneau au chapitre 5, 9-14.
    « L’une des têtes de la Bête était comme immolée à mort, mais sa plaie mortelle fut guérie » (13, 3) : ici encore, parodie évidente de l’Agneau apparaissant  » comme égorgé  » mais glorieusement vivant au chapitre 5 verset 6.
  3. La BETE de la TERRE a 2 cornes comme un agneau. Elle «  parle comme un dragon « , c.-à-d. que l’origine de son message vient du Dragon, comme celui de l’Esprit Saint vient du Père. Mais elle est entièrement au service de la 1ère bête, singeant ainsi ce que l’évangile de Jean disait de l’œuvre de l’Esprit Saint, tout au service du Fils :  » II ne parlera pas de son propre chef, mais il vous communiquera ce qui vient de moi  » (Jn. 16, 13) – Par ex. :
  • la 2nde Bête amène toute la terre à adorer la 1ère Bête, dont elle fait reconnaître l’étonnante guérison = démarquage évident de l' »évangélisation », qui consiste à faire confesser la résurrection et la divinité du Christ.
  • elle accomplit de grands prodiges et fait descendre le feu sur la terre, allusion probable au feu de la Pentecôte et aux miracles qui accompagnèrent la toute première évangélisation.

On retrouvera cette trinité infernale en Apocalypse 16, 13 et 20, 10.

L’annonce du jugement (14, 6-20)

Toute Apocalypse comporte les éléments suivants :
1) Une annonce du jugement par Dieu des persécuteurs à la fin des temps,
2) L’annonce de signes avant-coureurs de ce « jugement », sous forme de « malheurs »,
3) Enfin et surtout la promesse solennelle que les fidèles sont déjà au-delà du jugement, déjà sauvés. Or nous avons ici un résumé de la façon dont s’accomplira cette fin des temps, en quelque sorte une anticipation du jugement.

Fr Joseph